Te sers-tu de la technologie, ou bien en es-tu l’esclave ?

Par سليمان الكندي Verset de la sourate Al-Nour

Si vous n’y trouvez personne, alors n’y entrez pas avant que permission vous soit donnée. Et si on vous dit : « Retournez », eh bien, retournez. Cela est plus pur pour vous. Et Allah, de ce que vous faites est Omniscient. (Sourate An-Nour, verset 28)

Les Moufassiroûnes (exégètes du Qour’âne) ont divergé quant à savoir si on peut dire d’un des versets du Qour’âne qu’il a plus de vertu qu’un autre, ou bien s’ils sont tous parfaits en tant que Parole d’Allah. Quoiqu’il en soit, on ne peut nier que différentes parties du Qour’âne ont eu un retentissement différent selon les circonstances.

Prenons l’anecdote rapportée par Thâbit bin Qays dans Aboû Dâwoûd : Oumm Khallad Al-Ansariyah accourt vers l’Envoyé d’Allah ﷺ  – Sur Lui soit la Paix – avec l’esprit incertain quant à la mort de son fils. Un homme confirme que son fils a effectivement trouvé le martyr ; il lui demande également comment elle a la présence d’esprit de se couvrir la face en entrant dans l’assemblée de Rasouloullah ﷺ  – Sur Lui soit la Paix – malgré son choc émotionnel évident. Il n’y a pas assez d’or sur cette planète qui n’égale la portée de ses mots. Cette Glorieuse Dame répondit « J’ai peut-être perdu mon fils, mais je ne perdrai pas ma pudeur pour autant ». Allahou Akbar !

Ce qui est plus surprenant est que cette femme appartenait à une génération et à une culture où les femmes quelques temps auparavant se promenaient la tête découverte et les seins nus (ou bien est-ce que je confond avec les « musulmanes » d’aujourd’hui !?). Ces femmes étaient l’émanation de la Sourate Al-Nour, une sourate qui posa les fondations du monument de la pudeur et des intéractions sociales dans la civilisation islamique.

Et pour accentuer l’incroyable attitude de ces femmes, notons que les hommes eurent droits à trois versets pour les sevrer de l’activité – si masculine – de la boisson enivrante, avant que la dernière prohibition [totale] ne soit révélée. De l’autre côté, les femmes se sont soumises au moment même où Allah leur a demandé de s’habiller modestement. Elles arrachèrent leurs rideaux vieux et disgracieux pour se couvrir sans se préoccuper de leurs apparences ; leur seul souci était d’obéir à Allah. Si je pouvais vivre un siècle tout entier, je préfèrerais ce seul acte en lieu de tous mes bonnes actions.

Examinons d’autres aspects de l’étiquette islamique dérivés directement ou indirectement de la sourate Al-Nour :

  • un musulman ne rentre pas chez autrui sans sa permission ;
  • la permission se limite à trois fois, après quoi on doit partir ;
  • s’il n’y a pas de rendez-vous de prévu, l’on n’est pas obligé de laisser autrui pénétrer dans l’intimité de sa demeure ;
  • quand deux personnes discutent, la troisième ne doit pas s’intercaler sans permission.

Posons-nous la question en toute honnêteté, si je ne suis pas obligé de répondre à celui qui est physiquement à ma porte, comment puis-je être obligé de répondre à un appel téléphonique ?

Les manières des musulmans sont absolument déplorables quand on regarde comment ils se comportent avec le seul domaine de la technologie. Qu’on soit en train de s’entretenir avec un ami, son épouse, son chaykh ou un parent, dès que le portable sonne, quatorze siècles de culture islamique sont oubliés et l’étiquette succombe aux demandes des Samsung, Apple, Nokia, etc. La bienséance de la réunion est oubliée, de même que le respect des ainés ; la conversation est interrompue pour répondre à l’appel. J’ai même été le témoin de Oulémas qui, enseignant un hadith, coupèrent la leçon et répondirent à l’appel. À l’opposé on trouve des hommes d’affaires qui d’abord recherchent la permission des personnes présentes avant de prendre un appel, alors que c’est censé être notre façon de faire. Eux utilisent la technologie sans en être les esclaves.

On dit toujours que la technologie ne peut pas être bonne ou mauvaise en elle-même, que ça dépend de comment on l’utilise. Il est assez triste de constater qu’un râfidî du nom de ‘Ali al-‘Alawi, montra comment un bien de société possède forcément de par sa nature les valeurs de cette société, que cela ne peut être neutre. Et à l’opposé, des savants [ou même des étudiants islamiques], nés dans des familles sunnites, endossent volontiers tout ce que l’Occident fait pulluler, sans considérer leurs impacts sur les valeurs et la culture de la Sounnah. Je ne dit pas de devenir des arriérés et de rejeter toute technologie, et d’ailleurs comment écris-je ce post si ce n’est à l’aide de la technologie ? Ce que j’ai mentionné n’est qu’un exemple.

Répondre à ton téléphone n’est peut-être pas un signe de la fin du Monde (Qiyâmah), mais ne sois pas une machine sans cervelle. Réfléchis bien, est-ce que tu utilises la technologie, ou bien est-ce la technologie qui t’utilise ?

La prochaine fois que ton Samsung sonne, interroge-toi : « Ne suis-je pas utilisé malgré-moi pour effacer la sourate Al-Nour de la Oummah ? ».

Traduit de Do you use Tech, or does it use you? », par  سليمان الكندي , http://kindi313.wordpress.com/2012/07/01/do-you-use-tech-or-does-it-use-you/  (consultée le 10/07/2014)

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Publié le 21/07/2014, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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