Nom du musulman qui libèrera al-Aqsâ

« Le cœur du croyant est comparable à un oiseau, dont une aile serait la peur et la détresse quand l’autre aile serait celle l’espoir et de la miséricorde » [1]

Détresse

En 1099, après le pillage de Jérusalem et de la Syrie par les tout premiers croisés dans la Terre Sainte, le Qâdi (Juge) de Damas se rendit à la cour du Calife en Irak. L’historien Ibn al-Athîr rapporte :
« Ne portant aucun turban, sa tête rasée en signe de deuil, le chancelant Qâdî Abou Sa’ad al-Harawî éclata en sanglots dans la cour spacieuse du calife al-Mustazhir Billah, avec une assemblée de compagnons jeunes et moins jeunes dans son sillage.
« Comment oses-tu dormir dans l’ombre, autosatisfait de la sécurité », lança-t-il « menant des vies aussi frivoles que les fleurs de jardins alors que tes frères dans le Châm (Syrie) et à Al-Quds (Jérusalem) n’ont aucun lieu de vie exceptés les selles des chameaux et les ventres des vautours ? Le sang a été versé ! Les jolies jeunes filles sont couvertes de honte et doivent maintenant cacher leurs doux visages dans leurs mains ! Les valeureux musulmans devraient-ils se résigner à l’injure, et à accepter le déshonneur ? » » [2]

Ce qui causa cette indignation est résumé des travaux du chroniqueur musulman Ibn al-Qalânisî qui rapporte que les rues de Al-Quds étaient jonchées de cadavres et que la population de la cité fut passée au fil de l’épée des croisés qui passèrent plus d’une semaine à massacrer les musulmans ; 70 000 furent tués à l’intérieur même d’Al-Aqsâ alors que des milliers de juifs furent brûlés dans leurs synagogues ; l’odeur nauséabonde avait rempli l’air pendant des mois alors que les rues étaient inondées de sang jusqu’à hauteur de genoux. [3]

Tout comme ce à quoi nous assistons aujourd’hui avec la fermeture de la mosquée d’Al-Aqsâ, ainsi fut fermé le saint sanctuaire après les premières croisades. Il devint une écurie pour les croisés et en guise d’insulte, des cochons furent introduits dans la Mosquée. Tout comme aujourd’hui, aucune prière ne pouvait y être effectuée, pas plus que l’adhân (appel à la prière) qui ne semblait plus pouvoir retentir de nouveau dans le pays de Quds, Bayt al-Maqdis, Bayt Al-Muqaddas, pour au moins un millénaire.

Espoir

Quatre-vint huit ans plus tard en 1187, les croix et crucifix avaient disparu, les cloches ne résonnaient plus dans la contrée, les cochons n’étaient plus visibles ; les moines et prêtres colonisateurs ainsi que les chevaliers croisés avaient été éradiqués de la mosquée sacrée, les croyants y entrèrent et l’adhân fut donnée. Le symbolisme de l’adhân en train d’être donnée ne peut être ici sous-estimé : c’est l’acte même qui causa les démons de dégager de la terre sacrée une fois pour toute aussi longtemps qu’Allah l’a voulu, car nous savons que l’Envoyé d’Allah a dit « Quand on lance l’adhân, Satan s’enfuit à toute vitesse ». [4]

Assurément la Vérité était venue et le faux avait été vaincu. La joie était généralisée et le chagrin s’était dissipé.

 

À l’opposé de la barbarie des croisés, la conquête musulmane avait été était clairement différente. L’historien anglais Sir Steven Runciman note :

« Les musulmans victorieux étaient connus pour leurs droitures et leurs humanités, alors que les croisés s’étaient vautrés pendant 88 ans dans le sang de leurs ennemis. Aucune maison ne fut exposée au pillage, aucun individu ne fut blessé. La police, agissant sur les instructions de Salah al-Dîn, commença à sillonner les rues et les portes de la ville, empêchant toute agression auxquelles les chrétiens auraient pu être exposés…Salah al-Dîn fit l’annonce qu’il libèrerait toute personne âgée, homme ou femme. Quand le groupe des femmes des croisés qui s’étaient rachetées vinrent, avec leurs yeux remplis de larmes, interroger Saladin de ce qu’il adviendrait d’elles après que leurs époux et pères aient trouver la mort ou seraient tombés captifs, il répondit avec la promesse qu’il relâcherait chacun de leurs conjoints qui serait en captivité, et qu’il verserait une somme aux veuves et aux orphelins de sa propre fortune, à chacun en fonction de son rang social. En fait sa clémence et sa compassion étaient tout le contraire de ce que les envahisseurs chrétiens montrèrent lors de la première croisade. » [5]

La mosquée Al-Aqsâ était pleine et les larmes ruisselaient des cœurs empreints d’émotions. C’était le résultat de la libération d’Al-Aqsâ par personne d’autre que Salah al-Dîn.

 

Et tandis que j’attends de prier Jumu’a pendant que j’écris ceci, je me souviens de la première khutbah (sermon) qui fut prononcée dans Al-Aqsâ suivant sa libération et qui avait été donnée par le Qâdî Mouhiy al-Dîn ibn al-Zaki  [6] :

Extraits de la Khoutbah de la Victoire

Louanges d’Allah

« Louanges à Allah Qui a assisté l’Islam et l’a exalté, Qui a humilié le polythéisme par Sa Puissance, Qui contrôle les évènements par Son décret, Qui perpétue les bénédictions en récompense de la gratitude, Qui punit les ennemis de l’Islam par des directions qu’ils ne perçoivent pas […] Nous glorifions Allah pour avoir fait de Ses serviteurs les victorieux et les dominants, pour avoir accordé l’honneur à Ses bien aimés et avoir soutenu ceux qui soutiennent Sa cause, pour avoir purifié Sa maison sacrée de la souillure du polythéisme et de sa contamination » […]

Salutations sur le Prophète

« J’atteste que Mouhammad est Son serviteur et messager, celui qui dissipe les appréhensions, le vainqueur contre le polythéisme, celui qui a renversé la fausseté, qui a été emmené de la Mosquée Al-Harâm à la Mosquée Al-Aqsâ, et qui a été élevé de là au ciel le plus haut, près du Sidrat al-Muntahâ (Lotus de la limite) » […]

Éloges des moujâhidînes

« Ô gens, recevez la bonne nouvelle du plaisir d’Allah, qui est le but ultime et la meilleure position, par ce qu’Allah a apporté à travers vos mains : la reconquête de cette cité ayant été perdue à une nation déviée, et qui a été restituée à l’Islam, à qui elle appartient, après qu’elle ait été malmenée par les polythéistes pendant près de cent années…Réjouissez-vous, car Allah vous a mentionné parmi ceux qui sont proches de Lui, Il a fait de vous Ses troupes et vous a loué auprès des anges, pour ce que vous avez donné et que vous avez ôté de cet endroit la puanteur de l’égarement » […]

Éloges de Salâh al-Dîn

« Si ce n’était le fait que toi [Salah al-Dîn] était parmi ceux qu’Allah a choisi parmi Ses esclaves et sélectionné parmi les habitants de Sa terre, tu n’aurais pas été distingué pour ce mérite auquel personne ne peut rivaliser avec toi ou atteindre l’honneur que tu as atteint. Félicitations à toi pour une armée de laquelle sont apparues des batailles miraculeuses comme celle de Badr, qui a montré une détermination comme celle de Abou Bakr Al-Siddîq, qui a réalisé des conquêtes comme celles de ‘Oumar, qui s’est comportée comme celles de ‘Outhmâne et qui a chargé comme celles de ‘Ali. Tu as ravivé des jours glorieux de l’Islam comme ceux de al-Qâdisiyah, Yarmoûk et Khaybar, et des charges de bataille comme celles de Khâlid ibn al-Walîd. Qu’Allah te récompense avec la meilleure des récompenses pour ta mission au nom de Son Prophète Mouhammad ; et qu’Allah te récompense pour t’être donné corps et âme dans les combats face à l’ennemi, et qu’Allah accepte de toi de ce que tu as offert de sang pour te rapprocher de Lui, et qu’il te récompense avec le Paradis, car c’est la demeure de la félicité. » […]

Unité

« Alors glorifiez Allah, Qui a raffermi votre détermination à faire ce que les enfants d’Israël ont refusé de faire à un moment où ils furent favorisés sur tous les autres ; Il vous a permis de faire ce que les nations avant vous ont échoué à faire, et vous a inspiré à vous unir pour Lui après avoir été divisés, et Qui vous a permis de relater ceci comme un fait du passé, quand vous en parliez d’un évènement à venir. »

La victoire ne vient que d’Allah

Par Allah, « il n’y a qu’Allah pour accorder la victoire, car Il est Puissant et Sage » [7]

Par Allah, « S’il en est parmi vous seulement vingt qui soient endurants, ils en vaincront deux cents » [8].

« Si Allah vous donne Son secours, nul ne peut vous vaincre. S’Il vous abandonne, qui donc après Lui vous donnera secours ? » [9]

Quelques points essentiels

L’histoire se souvient du brave et du noble mais oublie les lâches et les traitres impuissants.

La réponse du Calife après que le Qâdî al-Harawî fit son fervent discours avec lequel j’ai commencé cet article, a été qu’il voulu que le groupe soit puni car leur arrivée dans Baghdad avait coïncidé avec l’arrivée de sa seconde épouse depuis Ispahan. L’histoire ne se souvient pas de Mustazhir Billah mais se souvient du Qâdî al-Harawî et de son contingent de poètes pour leurs nobles efforts.

On devrait aussi se consoler par l’espoir que donne l’histoire sachant qu’après la tribulation il y a l’aisance, qu’après l’humiliation et la défaite, il y aura victoire et libération incha’Allah. Ce qui arrive à al-Aqsâ aujourd’hui est une tragédie et le cœur est rempli de peine. Seulement on doit apprendre à voir de telles afflictions avec une perspective positive. N’auraient-ce été les tribulations, nous n’aurions pas eu ces héros, ces guerriers et ces légendes.
Sans les tribulations de fir’awn, nous n’aurions pas eu Moussa () ;
Sans les tribulations des croisés, nous n’aurions pas eu de Salah al-Dîn ;
Sans les tribulations des Mongoles, nous n’aurions pas eu de Sayf al-Dîn Qutuz, et beaucoup, beaucoup d’autres hommes distingués et géants de l’Islam.
De même, sans les tribulations de l’occupation sioniste, nous n’aurions pas eu de ______________________

(cet espace a été laissé blanc pour être rempli par le nom de celui qui viendra, et pour sûr son nom restera gravé dans les annales de l’histoire quand, par la permission d’Allah, il libèrera la Palestine).

 

 

Notes :
[1] Ibn al-Qayyim

[2] Les Croisades vues par les arabes, Amin Maalouf

[3] Les chroniques de Damas des Croisades de Ibn al-Qalânisî, H.A.R Gibb, 1932.

[4] Boukhârî

[5] Histoire des Croisades : volume 1 La première croisade et la fondation du Royaume de Jérusalem, 1951

[6] Salah al-Deen al-Ayubi, Dr Ali M. Sallabi ; lien vers une khoutbah plus complète en anglais

[7] Qour’âne 8:10

[8] Qour’âne 8: 65

[9] Qour’âne 3: 160

 

Traduit de The name of the Muslim that will liberate al-Aqsa, par Z A Rahman, http://www.islam21c.com/politics/the-name-of-the-muslim-that-will-liberate-al-aqsa/, consulté le 27/12/2015.

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Publié le 15/01/2016, dans Uncategorized. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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