Organismes musulmans agrées par l’État Français pour la réduction d’impôts

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Nous autres musulmans sommes une communauté tournée vers le don. Que ce soit par la zakât ou la sadaqah, les musulmans donnent une bonne part de leurs argents en aumône et il ne serait pas surprenant de découvrir que nous sommes la première communauté à faire des dons, comme en Grande-Bretagne.

Des versements sous forme de dons ou de cotisations à certains organismes d’intérêt général peuvent donner lieu à une réduction d’impôt sur le revenu si cet organisme œuvre pour le bien de la société.

La réduction d’impôts pour les particuliers est encadrée par
l’article 200 (et 200-bis) du code général des impôts. Ses principales
conditions sont les suivantes :

  • la réduction d’impôt est de 66 % (75% pour le Secours Islamique) et jusqu’à 530 € pour les dons aux associations qui viennent en aide aux personnes en difficulté en France ou à l’international) ;
  • le don ne doit pas excéder 20 % du revenu imposable ;
  • l’excédent est reporté sur les cinq années suivantes et donne droit
    à une réduction d’impôt dans les mêmes conditions.

Ci-dessous les les organismes musulmans qui se déclarent être agrées par l’État et
qui semblent bénéficier la communauté en raison de leurs activités.
Avant de donner à vous de vérifier le projet, le dynamisme et le sérieux de l’association
Certains acceptent l’argent des intérêts bancaires, d’autres non.

NB : d’autres associations non agrées par l’état font néanmoins un travail formidable de terrain, ne les oubliez surtout pas. Tout n’est pas question de €€€.

Éducation

Humanitaire

Religieux

Société

Liste d’associations obtenues via l’excellent site Deen de Confiance. Si vous en connaissez d’autres, laissez leurs noms et coordonnées ci-dessous dans les commentaires.

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Les enfants ont une « croyance naturelle en Dieu »

Dr Olivera Petrovich, psychologue à l’université d’Oxford, déclara à la conférence sur la psychologie des religions, tenue à l’université de Western Sydney, que même les enfants préscolaires se construisent des concepts théologiques dans leurs compréhensions du monde physique.
Les psychologistes ont débattu quant à savoir si la croyance en Dieu ou l’athéisme étaient l’état naturel de l’homme. Selon le Dr Petrovich, experte en psychologie des religions, la croyance en Dieu n’est pas apprise mais se développe naturellement.

Elle confia hier au journal The Age que la croyance en Dieu naît du résultat d’autres développements psychologiques connectés au principe de cause à effet.

Dr Petrovich ajoute que ses conclusions sont basées sur plusieurs études, particulièrement sur une portant sur les enfants japonais agés de quatre à six ans, et une autre de 400 enfants britanniques agés de cinq à sept ans et de différentes croyances.

« L’athéisme est résolument une position acquise » dit-elle.

Source : http://www.theage.com.au/national/infants-have-natural-belief-in-god-20080725-3l3b.html#ixzz2O0dM7RbP

L’ennemi de mon ennemi n’est pas forcément mon ami

« Si j’avais dix flèches, je n’en lancerais qu’une seule sur les chrétiens, et le reste sur [les chiites fatimides] »

Nom du musulman qui libèrera al-Aqsâ

« Le cœur du croyant est comparable à un oiseau, dont une aile serait la peur et la détresse quand l’autre aile serait celle l’espoir et de la miséricorde » [1]

Détresse

En 1099, après le pillage de Jérusalem et de la Syrie par les tout premiers croisés dans la Terre Sainte, le Qâdi (Juge) de Damas se rendit à la cour du Calife en Irak. L’historien Ibn al-Athîr rapporte :

« Ne portant aucun turban, sa tête rasée en signe de deuil, le chancelant Qâdî Abou Sa’ad al-Harawî éclata en sanglots dans la cour spacieuse du calife al-Mustazhir Billah, avec une assemblée de compagnons jeunes et moins jeunes dans son sillage.
« Comment oses-tu dormir dans l’ombre, autosatisfait de la sécurité », lança-t-il « menant des vies aussi frivoles que les fleurs de jardins alors que tes frères dans le Châm (Syrie) et à Al-Quds (Jérusalem) n’ont aucun lieu de vie exceptés les selles des chameaux et les ventres des vautours ? Le sang a été versé ! Les jolies jeunes filles sont couvertes de honte et doivent maintenant cacher leurs doux visages dans leurs mains ! Les valeureux musulmans devraient-ils se résigner à l’injure, et à accepter le déshonneur ? » » [2]

Ce qui causa cette indignation est résumé des travaux du chroniqueur musulman Ibn al-Qalânisî qui rapporte que les rues de Al-Quds étaient jonchées de cadavres et que la population de la cité fut passée au fil de l’épée des croisés qui passèrent plus d’une semaine à massacrer les musulmans ; 70 000 furent tués à l’intérieur même d’Al-Aqsâ alors que des milliers de juifs furent brûlés dans leurs synagogues ; l’odeur nauséabonde avait rempli l’air pendant des mois alors que les rues étaient inondées de sang jusqu’à hauteur de genoux. [3]

Tout comme ce à quoi nous assistons aujourd’hui avec la fermeture de la mosquée d’Al-Aqsâ, ainsi fut fermé le saint sanctuaire après les premières croisades. Il devint une écurie pour les croisés et en guise d’insulte, des cochons furent introduits dans la Mosquée. Tout comme aujourd’hui, aucune prière ne pouvait y être effectuée, pas plus que l’adhân (appel à la prière) qui ne semblait plus pouvoir retentir de nouveau dans le pays de Quds, Bayt al-Maqdis, Bayt Al-Muqaddas, pour au moins un millénaire.

Espoir

Quatre-vint huit ans plus tard en 1187, les croix et crucifix avaient disparu, les cloches ne résonnaient plus dans la contrée, les cochons n’étaient plus visibles ; les moines et prêtres colonisateurs ainsi que les chevaliers croisés avaient été éradiqués de la Mosquée Sacrée, les croyants y entrèrent et l’adhân fut donnée. Le symbolisme de l’adhân en train d’être donnée ne peut être ici sous-estimé : c’est l’acte même qui causa les démons de dégager de la terre sacrée une fois pour toute aussi longtemps qu’Allah l’avait voulu, car nous savons que l’Envoyé d’Allah a dit « Quand on lance l’adhân, Satan s’enfuit à toute vitesse ». [4]

Assurément la Vérité était venue et le faux avait été vaincu. La joie était généralisée et le chagrin s’était dissipé.

À l’opposé de la barbarie des croisés, la conquête musulmane avait été était clairement différente. L’historien anglais Sir Steven Runciman note :

« Les musulmans victorieux étaient connus pour leurs droitures et leurs humanités, alors que les croisés s’étaient vautrés pendant 88 ans dans le sang de leurs ennemis. Aucune maison ne fut exposée au pillage, aucun individu ne fut blessé. La police, agissant sur les instructions de Salah al-Dîn, commença à sillonner les rues et les portes de la ville, empêchant toute agression auxquelles les chrétiens auraient pu être exposés…Salah al-Dîn fit l’annonce qu’il libèrerait toute personne âgée, homme ou femme. Quand le groupe des femmes des croisés qui s’étaient rachetées vinrent, avec leurs yeux remplis de larmes, interroger Saladin de ce qu’il adviendrait d’elles après que leurs époux et pères aient trouver la mort ou seraient tombés captifs, il répondit avec la promesse qu’il relâcherait chacun de leurs conjoints qui serait en captivité, et qu’il verserait une somme aux veuves et aux orphelins de sa propre fortune, à chacun en fonction de son rang social. En fait sa clémence et sa compassion étaient tout le contraire de ce que les envahisseurs chrétiens montrèrent lors de la première croisade. » [5]

La mosquée Al-Aqsâ était pleine et les larmes ruisselaient des cœurs empreints d’émotions. C’était le résultat de la libération d’Al-Aqsâ par personne d’autre que Salah al-Dîn.

Et tandis que j’attends de prier Jumu’a pendant que j’écris ceci, je me souviens de la première khoutbah (sermon) qui fut prononcée dans Al-Aqsâ suivant sa libération et qui avait été donnée par le Qâdî Mouhiy al-Dîn ibn al-Zaki  [6] :

Extraits de la Khoutbah de la Victoire

Louanges d’Allah

« Louanges à Allah Qui a assisté l’Islam et l’a exalté, Qui a humilié le polythéisme par Sa Puissance, Qui contrôle les évènements par Son décret, Qui perpétue les bénédictions en récompense de la gratitude, Qui punit les ennemis de l’Islam par des directions qu’ils ne perçoivent pas […] Nous glorifions Allah pour avoir fait de Ses serviteurs les victorieux et les dominants, pour avoir accordé l’honneur à Ses bien aimés et avoir soutenu ceux qui soutiennent Sa cause, pour avoir purifié Sa maison sacrée de la souillure du polythéisme et de sa contamination » […]

Salutations sur le Prophète

« J’atteste que Mouhammad est Son serviteur et messager, celui qui dissipe les appréhensions, le vainqueur contre le polythéisme, celui qui a renversé la fausseté, qui a été emmené de la Mosquée Al-Harâm à la Mosquée Al-Aqsâ, et qui a été élevé de là au ciel le plus haut, près du Sidrat al-Muntahâ (Lotus de la limite) » […]

Éloges des moujâhidînes

« Ô gens, recevez la bonne nouvelle du plaisir d’Allah, qui est le but ultime et la meilleure position, par ce qu’Allah a apporté à travers vos mains : la reconquête de cette cité ayant été perdue à une nation déviée, et qui a été restituée à l’Islam, à qui elle appartient, après qu’elle ait été malmenée par les polythéistes pendant près de cent années…Réjouissez-vous, car Allah vous a mentionné parmi ceux qui sont proches de Lui, Il a fait de vous Ses troupes et vous a loué auprès des anges, pour ce que vous avez donné et que vous avez ôté de cet endroit la puanteur de l’égarement » […]

Éloges de Salâh al-Dîn

« Si ce n’était le fait que toi [Salah al-Dîn] était parmi ceux qu’Allah a choisi parmi Ses esclaves et sélectionné parmi les habitants de Sa terre, tu n’aurais pas été distingué pour ce mérite auquel personne ne peut rivaliser avec toi ou atteindre l’honneur que tu as atteint. Félicitations à toi pour une armée de laquelle sont apparues des batailles miraculeuses comme celle de Badr, qui a montré une détermination comme celle de Abou Bakr Al-Siddîq, qui a réalisé des conquêtes comme celles de ‘Oumar, qui s’est comportée comme celles de ‘Outhmâne et qui a chargé comme celles de ‘Ali. Tu as ravivé des jours glorieux de l’Islam comme ceux de al-Qâdisiyah, Yarmoûk et Khaybar, et des charges de bataille comme celles de Khâlid ibn al-Walîd. Qu’Allah te récompense avec la meilleure des récompenses pour ta mission au nom de Son Prophète Mouhammad ; et qu’Allah te récompense pour t’être donné corps et âme dans les combats face à l’ennemi, et qu’Allah accepte de toi de ce que tu as offert de sang pour te rapprocher de Lui, et qu’il te récompense avec le Paradis, car c’est la demeure de la félicité. » […]

Unité

« Alors glorifiez Allah, Qui a raffermi votre détermination à faire ce que les enfants d’Israël ont refusé de faire à un moment où ils furent favorisés sur tous les autres ; Il vous a permis de faire ce que les nations avant vous ont échoué à faire, et vous a inspiré à vous unir pour Lui après avoir été divisés, et Qui vous a permis de relater ceci comme un fait du passé, quand vous en parliez d’un évènement à venir. »

La victoire ne vient que d’Allah

Par Allah, « il n’y a qu’Allah pour accorder la victoire, car Il est Puissant et Sage » [7]

Par Allah, « S’il en est parmi vous seulement vingt qui soient endurants, ils en vaincront deux cents » [8].

« Si Allah vous donne Son secours, nul ne peut vous vaincre. S’Il vous abandonne, qui donc après Lui vous donnera secours ? » [9]

Quelques points essentiels

L’histoire se souvient du brave et du noble mais oublie les lâches et les traitres impuissants.

La réponse du Calife après que le Qâdî al-Harawî fit son fervent discours avec lequel j’ai commencé cet article, a été qu’il voulu que le groupe soit puni car leur arrivée dans Baghdad avait coïncidé avec l’arrivée de sa seconde épouse depuis Ispahan. L’histoire ne se souvient pas de Mustazhir Billah mais se souvient du Qâdî al-Harawî et de son contingent de poètes pour leurs nobles efforts.

On devrait aussi se consoler par l’espoir que donne l’histoire sachant qu’après la tribulation il y a l’aisance, qu’après l’humiliation et la défaite, il y aura victoire et libération incha’Allah. Ce qui arrive à al-Aqsâ aujourd’hui est une tragédie et le cœur est rempli de peine. Seulement on doit apprendre à voir de telles afflictions avec une perspective positive. N’auraient-ce été les tribulations, nous n’aurions pas eu ces héros, ces guerriers et ces légendes.
Sans les tribulations de fir’awn, nous n’aurions pas eu Moussa () ;
Sans les tribulations des croisés, nous n’aurions pas eu de Salah al-Dîn ;
Sans les tribulations des Mongoles, nous n’aurions pas eu de Sayf al-Dîn Qutuz, et beaucoup, beaucoup d’autres hommes distingués et géants de l’Islam.
De même, sans les tribulations de l’occupation sioniste, nous n’aurions pas eu de ______________________

(cet espace a été laissé blanc pour être rempli par le nom de celui qui viendra, et pour sûr son nom restera gravé dans les annales de l’histoire quand, par la permission d’Allah, il libèrera la Palestine).

Notes :
[1] Ibn al-Qayyim

[2] Les Croisades vues par les arabes, Amin Maalouf

[3] Les chroniques de Damas des Croisades de Ibn al-Qalânisî, H.A.R Gibb, 1932.

[4] Boukhârî

[5] Histoire des Croisades : volume 1 La première croisade et la fondation du Royaume de Jérusalem, 1951

[6] Salah al-Deen al-Ayubi, Dr Ali M. Sallabi ; lien vers une khoutbah plus complète en anglais

[7] Qour’âne 8:10

[8] Qour’âne 8: 65

[9] Qour’âne 3: 160

Traduit de The name of the Muslim that will liberate al-Aqsa, par Z A Rahman, http://www.islam21c.com/politics/the-name-of-the-muslim-that-will-liberate-al-aqsa/, consulté le 27/12/2015.

Un bien sale appétit

« ‘Amr ibn Al-‘Âs [RadiyAllahu ‘anhu] marchait avec un groupe d’amis, quand il passa auprès d’une carcasse de mule [à l’aspect] boursouflé et en décomposition. Il dit: “Par Allah ! De manger à votre faim de cette carcasse est meilleur que de manger la chair d’un Musulman [en le médisant]” »

Al-Adab Al-Mufrad

À propos de la salafiyyah : points positifs et négatifs

Traduit partiellement d’un article de Yasir Qadhi

1) Aspects positifs du salafisme

 

Le salafisme en tant que méthodologie cherchant à retrouver une version immaculée de l’islam, a été une force positive. Il fut un temps dans les années 90 quand la méthodologie salafie, propagée par des personnalités populaires, attirait de larges pans de la jeunesse musulmane en raison des points positifs suivants retrouvés dans le salafisme :

1) La primauté des Textes Sacrés. La méthodologie salafie d’avoir recours au Qour’âne et à la Sounnah engage les musulmans à approcher les textes sacrés pour la guidance et la compréhension, et non pas seulement pour un gain spirituel. Ceci contraste vivement avec d’autres écoles traditionalistes qui découragent leurs adhérents d’en dériver quelconque sens ou règle par peur de mal les interpréter.

2) Encourage la critique des traditions et du folklore culturel à la lumière du Qour’âne et de la Sounnah, avec une emphase marquée pour l’évidence solide, à l’opposé de ce que chaykh untel et untel a dit ou de ce que faisaient les anciens. En tant que tel, le salafisme apparait comme libérateur des limites de l’islam culturel et offre ainsi une avenue vers un Islam authentique et universel qui transcende le temps et l’espace, fidèle à l’islam pratiqué du temps de la Révélation.

3) Il fuit le mélange des pratiques superstitieuses de la version populacière de l’islam, comme les vénérations illégitimes de saints ou l’invocation d’autres qu’Allah pour ses besoins. À cet regard, on peut dire que le salafisme veut offrir un cadre immaculé et sûr dans lequel les rituels de l’islam devraient être effectués.

4) L’authentification des hadith. Un effet indéniable qu’a eu le salafisme sur la plupart des autres mouvements islamiques est la nécessité de vigilance concernant l’authenticité des hadith. Même ceux qui s’opposent au salafisme sont dorénavant plus précis et attentifs quand ils citent les hadith dans leurs livres, en vérifiant les jugements des savants traditionnels et médiévaux. C’est une contribution extrêmement positive, qui peut d’ailleurs être considérée comme l’héritage du défunt chaykh Al-Albani et de ses écrits.

5) Une vulgarisation générale et compréhensive des branches académiques de l’islam. Un salafi moyen a connaissance du rôle des oussoul al-fiqh, de l’importance du mustalah al-hadith, de la structure basique et de la portée des ‘ouloûm al-Qour’âne, etc. On pourrait dire sans se risquer que le suiveur moyen du salafisme est plus informé des disciplines académiques façonnant Islam que le suiveur moyen des autres courants.

6) Les salafis ont une théologie pure et attrayante. N’importe quel chercheur instruit et objectif dira que le crédo Athari est le plus primitif des crédos sunnites, prédatant les crédos basés sur le kalâm des Achâ’irah et des Mâturîdiyyah. Cela se vérifie dans de nombreux traités de théologie qui existent encore et qui datent de la fin du 2e siècle et du début du 3e siècle islamique, certains précédant la ‘aqîdah al-tahâwiyyah. Le crédo atharite était le courant dominant de l’islam sunnite dans le 4e et 5e siècle islamique et bien qu’il vint à être limité à l’école hanbalite du 6e siècle du fait de changements politiques, il reçut une régénération de la part de l’éternel prodige Ibn Taymiyya, duquel le courant continue de recevoir de la vitalité.

7) La dissémination de la connaissance islamique et la revitalisation des librairies islamiques. Le salafisme a contribué immensément à la recherche via l’imprimerie de masse de milliers de manuscrits édités, et ce dans toutes les sciences de l’islam. Mêmes les détracteurs du salafisme ont recours aux livres imprimés par les maisons d’édition salafies, et les doctes continuent de tirer avantage de leurs moteurs de recherche, des bases de données électroniques et des forums. N’importe quelle librairie islamique dans le monde aujourd’hui aura une bonne part de travaux édités et imprimés par les salafis parce que l’intérêt du salafisme se porte sur la tradition classique de l’islam.

8) L’évitement de la plupart des actes de chirk et de bid’ah (innovations dans la religion) dans ses rituels. Quelques soient ses défauts, dans l’ensemble, le mouvement salafi a su éviter de tomber dans la plupart des catégories du chirk, et sa vigilance excessive contre les innovations lui a garantie une pureté enviable dans les rituels de pratique islamique. Errer sur le côté de la prudence excessive (bien que nul doute contestable en soi) sauve le crédo salafi des exemples d’hérésies plus monstrueux dont la plupart des autres mouvements souffrent.

 

En raison de tout cela, on peut affirmer que le salafisme est un mouvement orienté dans la dynamique, voulant responsabiliser les individus musulmans en donnant un accès direct au Qour’âne et à la Sounnah, et donc équiper ses adhérents avec la connaissance permettant ainsi de défier le despotisme, de remettre en cause l’allégeance aveugle et de rectifier la dénaturation faite par des chefs sectateurs.

Pas étonnant alors que le salafisme, en tant que méthodologie, attire les personnes à l’esprit rationnel et curieux, et qu’il s’ajuste aisément avec la fitrah humaine (nature primordiale).

 

2) Quelques critiques du mouvement

 

Le courant salafi, comme tous les autres courants, est faillible de même que ses adhérents. Cette notion immatérielle du salafisme n’existe pas en dehors du monde réel et tangible que nous connaissons, et puisque tous les humains sont sujets à erreur et aux incohérences, le mouvement salafi a aussi rencontré certaines erreurs et incohérences dans sa revendication de suivi des premières générations.

La compréhension des salafs incluent beaucoup de questions fondamentales qui sont complètement négligées par les groupes salafistes contemporains, et parfois même contredites. En outre, il y a un défaut méthodologique dans la tentative d’extrapoler la position salafie (càd une position que les salafs avaient) à propos d’une question moderne à laquelle les salafs n’ont jamais été confrontés. La position salafiste (celle retenue par certains savants du mouvement moderne salafi) concernant la citoyenneté dans les état-nations, le rôle de la femme dans la société d’aujourd’hui, la permission du vote et la question du jihad dans le monde moderne, etc. ne sont que des opinions personnelles (fatwas) des savants qui les prononcent et ne peuvent être représentatives des opinions des trois premières générations de l’islam.

Une remarque importante avant que je ne débute ma liste : alors que je liste ces points, je souligne que pour chacun d’entre eux on peut trouver plein d’exceptions à un niveau individuel, et même dans certaines courants du salafisme. Ces points sont rapportés d’un point de vue holistique, tout en sachant qu’il y a des problèmes inhérents associés à de telles généralisations. Alors que les points positifs que j’ai listé dans la section précédente sont retrouvés dans tous les courants, les points négatifs qui suivent ne sont pas aussi universels ni explicitement encouragés pour la plupart.
Néanmoins je maintiens que les critiques qui suivent sont observables dans les courants du mouvement globalement, et les exceptions (et elle sont nombreuses) sont aussi là parce que ces individus qui en sont libres ont réussi à surmonter ces problèmes dans des façons que le mouvement dans son ensemble n’adopte pas ou n’enseigne pas.

Je dois aussi énoncer que parmi les premières raisons de ce listage des critiques est pour que les salafis eux-mêmes puissent approfondir et finalement travailler à leurs minimisations. Je prie qu’un temps vienne où ces critiques généralisées deviennent les exceptions ; seulement alors que j’écris ces lignes, ces critiques sont prévalentes et symptomatiques de la plupart des sous-groupes salafis.

Les problèmes les plus notables du mouvement salafi sont :

1) La relégation de la théologie à des doctrines théoriques et abstraites qui sont tangentes au message de l’Islam, au point que la théologie abstraite et les traités de croyance rédigés par des hommes éclipsent tous les autres aspects de l’islam.

Les salafis catégoriseront régulièrement les autres musulmans au dépens d’autres problèmes bien plus graves. Le but du crédo Athari est de développer une relation forte avec Allah. Le Tawhîd d’Allah et de ses Attributs ne devrait pas être en premier lieu de débattre du fait qu’Allah a un Yad ou de la nature du Trône… il s’agit d’augmenter notre évocation d’Allah, de le glorifier plus, de l’adorer correctement et sincèrement, en se concentrant sur les actions que ces Noms et Attributs Sublimes nous inspirent. La simple affirmation correcte de la doctrine théorique n’implique pas nécessairement d’être un musulman plus vertueux. On ferait bien de se rappeler qu’Allah ne questionnera pas le musulman de base sur les questions abstraites de théologie, mais l’interrogera sur les actes obligatoires de la spiritualité et de la religion.

2) Une hésitation infondée à adhérer au tazkiya al-nafs et le peu d’intérêt dans le développement spirituel. C’est une réalité indéniable que dans son ensemble, le mouvement salafi a échoué à mettre l’accent sur la spiritualité authentique ou tazkiya al-nafs. Et pourtant c’est un concept coranique, qui fait l’objet d’un consensus vaste, et d’ailleurs à quoi correspond le ihsân dans le célèbre hadith de Jibrîl, si ce n’est la tazkiya al-nafs ? La préoccupation des salafis avec les sciences avancées telle que le jarh wa-l-ta’dil en lieu du besoin basique de la purification spirituelle explique le phénomène de « salafi burn-out », une tendance observable chez certains qui délaissent le salafisme pour soit adhérer à d’autres courants islamiques (typiquement le soufisme, ce qui révèle ce qui leur manquait précédemment) ou soit arrêter la pratique de l’islam entièrement.

3) Une sévérité caractérisée qui se retrouve dans leurs manières de traiter les autres musulmans non-salafis, en croyant dans leur exclusivité salvifique. Une telle attitude engendre immanquablement un niveau d’arrogance et de vanité parmi les salafis de base, et rappelle les (mais n’est pas identique aux) khârijites.

Cela explique aussi l’attention disproportionnée à identifier les déviants et les déviations, qui a mené au résultat absurde où certains salafis débutants en savent plus sur les croyances erronées que sur les croyances correctes. Les madkhalis en sont l’exemple typique : n’importe quel converti récent à l’islam se trouvant parmi eux est capable de réciter une liste de savants qui sont en dedans ou en dehors du manhaj salafi, mais aura du mal à mentionner autant de noms de Compagnons. Ils connaîtront la méthode correcte pour saluer les déviants mais seront ignorants des adhkâr du matin et du soir. Malheureusement ceci n’est pas exclusif aux salafis madkhalis. La question que ce mouvement doit se poser est : est-ce que l’islam réside dans l’investigation obsessive des erreurs des autres, ou bien est-ce pour devenir un modèle dans la propagation du bien ?

« Bien heureux est celui qui est occupé par ses défauts, plutôt que ceux des autres » (Musnad Al-Bazzâr)

4) Beaucoup de courants salafis adoptent une position extrémiste face aux bid’as et aux mubtadi’. Cela a conduit à ce qu’ils soient moqués par les autres musulmans ; même les profanes reconnaissent que c’est ultra-rigoriste de considérer comme hérésie religieuse la présence de lignes de prière sur la moquette de la mosquée !
Un autre problème est celui du traitement des personnes déviantes. Les salafis prennent les propos des salafs concernant le traitement des groupes hérétiques comme ils prendraient du Qour’âne et de la Sounnah. Seulement le traitement des innovateurs présenté par certains salafs est quelque chose qui doit être compris à la lumière des Textes Sacrés, et devant être recontextualisé dans son époque.

Les droits de fraternité, comme définis par notre Prophète , prennent le dessus sur les propos de n’importe quel savant, et la manière de traiter ceux qui s’opposent à la vérité varie selon le temps, le lieu, l’individu, la déviation précise et le contexte. La religion d’Islam ne prône pas en soi une culpabilité par association. Les jugements des salafs de même que leurs ijtihâd doivent être compris comme applicable et valide dans leurs circonstances.
Les salafis contemporains doivent comprendre que la France du 21e siècle (ou l’Angleterre, ou les USA) n’est pas la Baghdad du 7e siècle et il serait malavisé et non-islamique de détourner des fatawa des salafs en les préférant aux textes explicites du Qour’âne et de la Sounnah qui exhortent à la fraternité islamique. Il est regrettable que les salafis aient une réputation de diviser beaucoup de communautés, de généraliser le takfîr de sectes spécifiques, et de se dissocier de ceux qui ne sont pas d’accords avec eux.

5) Des erreurs de priorités. Le Prophète Mouhammad a dit « Concentrez-vous sur ce qui vous profite ». Pour certains salafis, le succès repose dans la réfutation des déviants. Ils se divertissent en rédigeant des tonnes de réfutations contre les gens, les mettant en garde de se dissocier des déviants en utilisant un langage agressif et sec pour soi-disant corriger.

Les défis auxquels la Oumma doit faire face n’est plus la mauvaise interprétation des Noms d’Allah et de ses Attributs ni la validité de la commémoration du Mawlid. Nul doute, certaines personnes à un certain niveau doivent discuter de la réalité du Mawlid, des Attributs d’Allah et des autres aspects de la foi. Mais ce ne sont pas les défis de notre époque, et ils ne posent pas de problème à la foi de nos jeunes garçons et filles. Ce sont là des polémiques du passé : les salafis et les acharis peuvent aller débattre de ces aspects entre eux, et moi aussi en tant que théologien je serais content de participer à ces débats dans des forums et devant une audience appropriés. Mais la vaste majorité de nos jeunes se moque éperdument de ces discussions théoriques abstraites et non tangibles. Ils luttent à conserver la foi dans la religion face aux défis posés par le darwanisme, le sécularisme, le post-modernisme, l’humanisme, le libéralisme et les milliers d’autres ismes, alors que les salafis (ainsi que les acharites et les soufis) débattent dans leurs cercles des problèmes qui ne concernent que les 0.1 %.

L’islam connaît des attaques idéologiques sans précédents de la part du sécularisme radical, ces attaques cherchent à rendre l’Islam en particulier – et la religiosité en général – un anathème à la société moderne. Le Nouvel Athéisme et le scientisme sont de plus en plus en vogue parmi les intellectuels publics. La culture moderne pue le matérialisme, l’hédonisme, la pornographie et l’exploitation sexuelle. Les idéologies extrêmes, y compris le féminisme radical, abondent. Très franchement, il est rare de trouver un savant salafi qui serait calé ne serait-ce que pour discuter de ces problèmes, et encore moins pour les réfuter. Et quand on trouve ce genre de savant, cela ne vient pas de son apprentissage de salafi mais plutôt en dépit de sa formation.

Les maux de sociétés antiques que l’Islam est venu éradiquer continuent de gangréner le monde musulman. Les problèmes sociétaux sont endémiques, les abus domestiques et sexuels, la violation des droits des travailleurs, le racisme, la corruption, etc. deviennent de plus en plus répandus, et pourtant tous ces problèmes sont mis sur la touche. C’est inexcusable que des juristes propagent fougueusement leurs opinions personnelles sur l’interdiction pour les femmes de conduire, ou de critiquer incessamment la célébration du Mawlid par exemple, tout en mettant de côté le caractère répandu et endémique du mauvais traitement des travailleurs étrangers, de l’exploitation sexuelle des travailleuses domestiques, des problèmes de corruption et de wâsita (avoir un ami au poste approprié qui aide), et autres tendances bien connues de leurs sociétés.
Tout Islam qui ne se préoccupe pas des droits des opprimés et de ceux qui sont piétinés est loin de la Sounnah du bien aimé Prophète ﷺ dont les derniers mots nous ont exhorté à satisfaire les droits des plus faibles de la société.

6) Le traitement des femmes. En grande partie, le mouvement salafi moderne relègue la femme au niveau de ce qui serait tout juste considéré comme inhumain. Une simple manifestation en est que la seule mention du nom de la femme ou de la femme du meilleur ami est censurable. Si le nom d’une femme est considéré tabou, que dire de son rôle dans la société à proprement parler ? La communauté musulmane a besoin de sœurs intelligentes et éloquentes capables d’expliquer la réalité de cette religion face aux interprétations des extrémistes féministes.

Le traitement des femmes ne se manifeste pas juste par, disons, l’interdiction des saoudiennes de conduire (ce qu’incroyablement la plupart des savants saoudiens interdisent comme faisant parti de la religion jusqu’à aujourd’hui). Malheureusement, certains segments des salafis occidentaux sont devenus tristement célèbres pour leurs mariages et divorces en séries, profitant de l’isolement sociale de mères divorcées ; les enfants sont engendrés et abandonnés et la fornication elle-même est devenue rampante. Pour être clair ceci a eu cours chez des salafis américains et anglais et se manifesta en une réalité qu’aucun religieux n’aurait justifié islamiquement. Cependant ces symptômes étaient si ordinaires qu’on ne pouvait pas les ignorer, cela illustre le problème sous-jacent de la vision des femmes par les salafis, et de façon générale un manque de tarbiyya.

7) Une allégeance inconditionnelle à un « groupe de savants » qui servent d’arbitres finaux dans toutes les affaires. Pour un mouvement qui se veut être le champion de la libre pensée et qui rejette le suivi aveugle, il est malheureux que la plupart des salafis soient sectaires et étroits d’esprits au sujet du suivi des Kibar (savants séniors). Le fait que ces kibar soient tous typiquement d’une nationalité particulière et nommés par le gouvernement, est rarement rappelé dans une conversation polie. La religion de l’Islam, et donc le crédo athari, n’ont pas de gardiens humains spécifiques qu’Allah aurait nommé comme représentants divins de Sa Volonté sur Terre. Ne pas être en accord avec un groupe de savants, peu importe leurs anciennetés, ne signifie pas à être en désaccord avec Allah et Son Messager ﷺ.

Notre Prophète a énoncé que « Les Savants sont les héritiers des Prophètes ». Je ne suis pas en train de contester l’importance et le besoin de l’érudition islamique elle-même (Allah nous en préserve), je ne suis pas non plus en train de prétendre que les étudiants de ‘ilm débutants soient autorisés à rejeter sans réserves les savants qui sont plus érudits. Ce qui est disputé est de limiter les savants à un groupe de savants similaires, homogènes et d’une même nationalité. Les savants de l’Islam sont abondants et sont retrouvés dans toutes les ethnies, et les salafis devraient être assez ouverts d’esprit pour prendre de chaque savant de sa spécialité. Les salafis feraient bien de se souvenir que parmi les critiques les plus virulents de Ibn Taymiyyah lui-même figuraient ses camarades hanbalites damascènes (les kibar du 8e siècle), qui ne pouvaient comprendre pourquoi il voulait changer le style d’écriture et la méthode d’enseignement auxquels ils étaient habitués.

8) Une compréhension sévèrement handicapée de l’arène politique moderne. On se demande comment quelqu’un qui prétend suivre Ibn Taymiyya, et qui lit de première main combien fréquemment il mettait en cause les gouverneurs publiquement, peut adopter une attitude si quiétiste, servile et obséquieuse envers les dirigeants dont les crimes excèdent de loin ce que faisaient les gouverneurs du temps de Ibn Taymiyya.
Je ne demande pas à ce que ces savants appellent à la guerre civile, mais je dis qu’une position intermédiaire doit être retrouvée, où les violations publiques des dirigeants seraient dénoncées publiquement. L’Islam demande des savants qu’ils surveillent les gouverneurs, et pas le contraire. Comme ça l’est actuellement, la position traditionnelle de beaucoup de salafis saoudiens est que toute critique des gouverneurs actuels équivaut à une déviation théologique. Alors que j’écris ces lignes, des mesures sont décrétées par la famille régnante de cette région envers les Frères Musulmans et leurs partisans, et le silence des savants face à cette injustice flagrante est assourdissant. Pour ce qui est de la position des salafis égyptiens, telle que représentée par le parti Nour d’Égypte et leurs soutiens au régime de Sissi, c’est trop pathétique pour en faire une réfutation. Et la liste de telles positions n’en finit pas.

Conclusion

Rachid Rida (mort en 1935) a été le premier savant à populariser le terme ‘Salafi’ pour décrire un mouvement particulier qu’il mena. Ce mouvement chercha a rejeter l’ossification des madhâhib, et à repenser les questions classiques de fiqh et de modernité, parfois dans des façons très libérales. Un jeune et bourgeonnant savant du nom de Al-Albani lut un article de Rida, puis repris ce terme et l’utilisa pour décrire un mouvement autre et complètement différent. Ironiquement, le mouvement que Rida mena devint finalement l' »islam moderniste » et délaissa l’étiquette « salafi », et la méthode juridique dont Al-Albani se fit le champion – avec un chevauchement minime avec la vision de l’islam de Rida – retint l’appellation Salafi. Par la suite le terme d’Al-Albani fut également adopté par la da’wah najdî jusqu’à s’étendre à toutes les tendances du mouvement. Alors qu’avant ce siècle, le terme de ‘Salafi’ n’était pas une appellation utilisée communément ni un nom propre.
Ainsi le terme ‘Salafi est un terme moderne qui s’est attaché à une école de théologie ancestrale, l’école Atharite.

Je crois que le mouvement salafi est un mouvement humain, comme tous les autres mouvements de l’islam. Ceci car Allah n’a pas révélé de « mouvement salafi », mais il a plutôt révélé le Qour’ân et nous a envoyé un Prophète ﷺ. Le mouvement salafi est tout aussi humain que les gens qui le compose, ce qui veut dire que ses erreurs seront des erreurs d’hommes. Ceci explique pourquoi il n’y a pas « un seul » mouvement salafi mais plutôt une variété de mouvements divers qui peuvent tous être regroupés sous la catégorie du salafisme. Je crois qu’aucun mouvement ne peut prétendre représenter la compréhension exacte de l’Islam, et nul doute que certains sont plus près de la vérité dans certaines affaires que d’autres, chaque mouvement étant humain et faillible. Je ne crois pas qu’une secte, groupe ou théologie ait le monopole de la Vérité.

Le groupe salafi comme ensemble a des idéaux nobles qu’il essaie d’atteindre, mais on ne peut pas en ignorer ses fautes nombreuses pour autant. Quelqu’un pourrait se demander « N’est-il pas possible d’isoler le salafisme de ces points négatifs, d’en garder les éléments positifs et de le rediriger pour un meilleur cap ? » C’est ce que beaucoup parmi le mouvement cherchent à faire en effet, et en toute honnêteté je soutiens de tels efforts, que ce soit dans le salafisme ou dans toutes les mouvances de l’islam. Seulement, la question devient : quand tellement d’erreurs méthodologiques et de points négatifs sont associées avec un label, et que ce label ne reflète plus ce à quoi il aspirait à l’origine, alors pourquoi continuer de s’identifier avec ? C’est d’autant plus le cas quand on réalise que ce label n’a aucune valeur religieuse intrinsèque et a été en fait popularisé que très récemment dans l’histoire islamique.

En raison de cela, je ne me considère plus comme faisant parti d’une des mouvances salafies discutées précédemment. Pour ceux qui veulent toujours s’identifier avec cette étiquette, je prie que vous reconnaissiez les fautes citées ci-dessus et travailliez à les rectifier. Ceux qui abandonnent ce label ont également le droit d’en faire autant. L’Islam est plus vaste qu’une seule étiquette.

Alors qu’après deux décennies de recherches continues, je continue d’adhérer au dogme athari et le conçois comme étant le plus sûr et le plus authentique des crédos, l’Islam est plus qu’une liste de points énonçant des croyances, et ma loyauté ultime ne sera pas pour un crédo dérivé d’hommes mais à Allah et à son Messager , puis aux gens ayant un îmâne et une taqwâ authentiques.

Ainsi j’ai plus d’affinité et de fraternité avec un tablîghî modéré, avec qui j’aurais des différences dans certaines questions de fiqh et de théologie, avec une religiosité et un soucis pour la Oummah auxquels je peux m’identifier, plutôt qu’avec un salafi endurci dont la seule préoccupation sera la longueur de mon pantalon et le fait que je ne cite pas assez des kibar qu’il admire. De même pour un soufi modéré, qui me verra comme un frère croyant en Allah et en Son Messager , avec des différences triviales, quand le salafi standard m’aura déjà classifié et rangé en se basant sur ses perceptions préconçues, avec pour seule pré-occupation de « mettre en garde » contre moi. Et alors que je serais d’accord avec le salafi  qu’Allah a réellement istawâ ala al-Arsh (établissement sur le Trône) dans une manière qui Lui sied, sa myopie et son étroitesse d’esprit quant aux problèmes auxquels notre Oummah fait face, et l’outrecuidante arrogance de sa mentalité cultiste seront un majeur repoussoir pour moi personnellement, et néfaste pour la Oummah dans son ensemble. Ainsi je ressens plus d’affinité pour un soufi modéré qui lit plus de Qour’âne que je ne le fais et qui est plus conscient de sa consommation halal que moi, que je n’en ai avec un fanatique salafi duquel aucune religiosité n’est vue en dehors de réciter des croyances et de réfuter les déviants. Cela ne fait pas du soufi un véridique dans sa théologie, c’est juste une indication que l’Islam, et les allégeances islamiques, est plus vaste que certaines questions.

Ceux qui ont des vieilles rancunes à l’encontre du salafisme utiliseront peut-être cet article pour dénigrer le salafisme. Pour tous ceux qui voudraient exulter de cette analyse du salafisme, réalisez que vos mouvements sont tout aussi humains que le salafisme et que je garde pour ma part la théologie identique à celle que j’avais il y a vingt ans.

 

En d’autres mots, je crois que chaque mouvement islamique est humain, avec ses points positifs et négatifs, et alors que certains mouvements sont plus près de la Sounnah du Prophète ﷺ dans certains domaines, aucun mouvement avec ses savants humains ne peut prétendre être le représentant officiel de la religion d’Allah sur Terre. Parmi tous les mouvements, les salafis ont fait de grandes contributions dans le domaine de la croyance, mais ça ne les rend pas des champions de la vérité dans chaque domaine islamique. On doit prendre le bon d’eux et corriger leurs erreurs quand c’est possible, d’une manière sage et courtoise.

À noter que je garderai toujours du respect pour ce mouvement qui m’a modelé en grande partie et notamment ses savants dont j’ai beaucoup appris et que j’ai admiré, même s’il y a des désaccords dans des questions méthodologiques. Aussi si quelqu’un y voit une grande dureté dans certains endroits de l’article, je m’en excuse car mon intention n’est pas d’insulter ni de calomnier. Si de la dureté est ressentie peut être est-ce parce qu on espérait mieux d’un mouvement qui prétend suivre les salafs de cette Oummah. C’est mon profond désire que le salafisme, et tous les mouvements islamiques en général, suivent les idéaux pures auxquels notre religion appelle et que notre Prophète a personnifié.

En conclusion, la meilleure des paroles est la Parole d’Allah, la meilleure des guidances est la Guidance de Son Messager , et tous les pieux et sincères musulmans, salafis comme non salafis, essaient de comprendre et d’implémenter au mieu, du meilleur de leurs habilités, la Meilleure de toutes les paroles, et la Meilleure des guidances.

Traduit partiellement et réadapté de On Salafi Islam, de Yasir Qadhi, http://muslimmatters.org/2014/04/22/on-salafi-islam-dr-yasir-qadhi/, consulté le 25/12/2015

Le Tahnîk prévient l’hypoglycémie néonatale !

Parmi les pratiques enseignées lors de la naissance d’un enfant, il y a le Tahnîk, qui consiste à faire mâcher un minuscule morceau de datte (ou autre chose sucrée) par une pieuse personne musulmane, et ensuite à mettre ce minuscule morceau de datte en contact avec le palais ou la langue du nouveau-né.

D’après Anas qui rapporte : « Oum Soulaym accoucha d’un garçon, Abou Talha me dit alors : « Garde-le jusqu’à ce que tu ailles voir le Prophète « . Il alla le voir avec l’enfant, et elle envoya avec lui des dattes. Le prophète prit les dattes, les mâcha, ensuite il les prit de sa bouche et les mit dans la bouche du garçon ; puis, il passa les dattes sur son palais, et il l’appela Abdoullah » Al-Boukhari [5470] et Mouslim [2119].

An-Nawawî a dit : « Les savants sont d’un accord unanime sur le fait que le Tahneek avec des dattes, est une bonne chose pour le nouveau-né après sa naissance ; s’il n’y a pas de dattes, alors une chose semblable aux dattes parmi les sucreries [tel que le miel] ». Il dit aussi : « Et il est préférable que la personne qui fasse le Tahnîk soit parmi les gens pieux, qu’il soit un homme ou une femme ; et s’il/elle n’est pas présent(e), qu’on lui amène l’enfant »

Un gel sucré protège les prématurés des lésions cérébrales

L’hypoglycémie concerne un nourrisson sur dix. L’administration d’un gel sucré est un moyen bon marché et efficace de protéger les bébés de lésions cérébrales.

Un gel sucré pour éviter des dommages cérébraux chez les nouveaux-nés, la méthode paraît trop simple pour être vraie. Pourtant, une étude montre son efficacité pour lutter contre l’hypoglycémie. 15 millions de bébés naissent prématurés chaque année. 1 sur 10 présente un taux de sucre dans le sang dangereusement bas. Or, l’hypoglycémie néonatale, si elle n’est pas traitée, entraîne des lésions cérébrales permanentes. Les maternités du monde entier utilisent actuellement un double traitement : des compléments alimentaires sucrés et des analyses sanguines répétées. Cela n’empêche pas des centaines de nourrissons d’être admis en soins intensifs. Les médecins leur administrent alors du glucose par voie intraveineuse.

Mieux que l’intraveineuse et moins cher

« Le gel de dextrose est déjà utilisé dans les cas de diabète ; pourtant, on trouve peu de traces de son utilisation chez les bébés, » notent des chercheurs de l’université d’Auckland (Nouvelle-Zélande). Ce gel sucré peut être ingéré. Il suffit d’appliquer ce produit à l’intérieur de la joue du bébé. La méthode est plus efficace, moins invasive et surtout moins coûteuse que l’intraveineuse. Elle revient à un peu plus d’un euro par nourrisson. Voilà qui pourrait jeter les bases d’un nouveau traitement des nourrissons hypoglycémiques.

Hypoglycémie nettement réduite

Les chercheurs de l’université d’Auckland ont mené l’expérience en maternité. Ils ont sélectionné des bébés nés entre 35 à 42 semaines de gestation et âgés de maximum 48h. La moitié des nourrissons s’est vue administrer du gel de dextrose, l’autre moitié un gel placebo. Les résultats sont probants : le traitement a fortement réduit leur hypoglycémie.

« Le traitement avec le gel de dextrose n’est vraiment pas cher et simple à administrer. Le gel de dextrose devrait devenir un traitement de premier plan pour prendre en charge l’hypoglycémie pour les prématurés tardifs et les bébés à terme dans les 48h après la naissance, » précisent les auteurs du rapport « The Sugar Babies Study. » Reste à appliquer cette méthode en maternité.

L’Envoyé d’Allah  fut (encore une fois) correct !

NB : si vous utilisez du miel, assurez-vous de sa bonne qualité, afin d’éviter une rare affection, le botulisme infantile.

Sources :

http://www.bbc.com/news/health-24224206

http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/3725-Un-gel-sucre-protege-les-prematures-des-lesions-cerebrales

Et le gagnant des quatre madhâhib est…

« Il est très difficile pour les partisans de la bid’ah

de résider là où il y a beaucoup de hanâbilah »

Al-Hâfidh Ibn Kathîr, al-Bidâyah wan-Nihâyah

Quand venir à la mosquée c’était swag

« En vérité, je nous ai observé à une époque où personne ne restait derrière lors de la Prière (à la mosquée) excepté l’hypocrite dont l’hypocrisie était connue, ou la personne malade ; et d’ailleurs le malade marchait [avec l’appui de] deux hommes jusqu’à la prière »

Sayyiduna ‘Abdullâh ibn Mas’ûd RadiyAllahu ‘anhu, Sahîh Mouslim.

Comment le Coran modèle notre cerveau

« Si ce n’était leurs problèmes politiques et leurs constantes luttes intestines, les musulmans seraient sur la lune depuis le 14e siècle » – voilà en substance le propos d’un professeur non-musulman à une classe de 400 étudiants en premier cycle d’histoire des sciences. Il semble que le rythme des découvertes et l’avancement dans la science réalisée par les musulmans soit assez troublant et cherche encore aujourd’hui à être reproduit. Que faisaient-ils donc de si spécial pour avoir eut une progression si rapide ?

En tant que professeur, je pense de suite à leur système d’éducation, mais le neuro-scientifique que je suis souhaite aussi examiner les paramètres ayant pu entrer dans le façonnage des cerveaux d’une telle civilisation. Bizarrement, beaucoup de oulémas (savants musulmans) diront que les musulmans étaient les leaders quand le Qour’âne (Coran) était au centre de leur éducation, et ce n’est qu’en abandonnant le Qour’âne qu’ils ont perdu leur domination. Ce qui est étonnant, c’est que bien que les savants religieux parlent des réalités spirituelles et morales, il se pourrait bien qu’il y ait une réalité concrète à ce qu’ils disent, et qui prendrait place dans le cerveau.

Attention : Cet article n’est pas basé sur une quelconque recherche scientifique sur le sujet. Il s’agit seulement de mes déductions venant de mes connaissances actuelles en anatomie cérébrale, de la différenciation fonctionnelle de ses régions et de sa plasticitéLa liste de tout ce qui est affecté dans le cerveau par le Qour’âne et comment cela influence les autres fonctions cérébrales, est assez exhaustive. Dans le soucis de rester concis, j’ai choisi de n’aborder que les points majeurs dans cet article.

Avant d’en venir au cerveau et comment le Qour’âne le modifie, on doit se familiariser sur la façon dont l’éducation musulmane se faisait. Si vous vous demandez d’où je tire tout ça, c’est par la lecture des biographies des figures majeurs des savants du monde musulmans traditionnels, tels que Ibn Rushd (Averroes), Ibn Sina (Avicenne) et d’autres. C’est aussi basé sur mon expérience personnelle et sur ce que que m’ont relaté certains de mes professeurs.

La première chose qu’apprenait un étudiant était le Qour’âne, qui devait être mémorisé en totalité. À la différence de tout ce qui est rencontré dans l’arabe parlé, la récitation du Qour’âne est une science à part. Les dialectes locaux ou les différentes façons de prononcer ne sont pas tolérés quand on récite le Qour’âne . En fait, fait parti de l’apprentissage du coran que d’apprendre ce qu’on appelle en arabe le tajwîd, qui est en somme la science de l’élocution. La première chose qu’un étudiant doit faire est de répliquer exactement la façon de réciter du professeur. Cela correspond à l’endroit d’où les lettres et leurs sons sont générés dans la bouche et la gorge, et où la langue doit être placée exactement. Une fois que c’est fait, l’étudiant écrit le verset sur une ardoise en bois dans le script othmanien qui suit des règles différentes de celle de l’arabe écrit normal. L’étudiant prend cette ardoise et s’en va mémoriser ce verset. Une session typique de mémorisation pour le débutant commence en répétant le verset de multiples fois, en lisant sur l’ardoise et en mémorisant aussi comment cela est écrit dans le script othmanien.Une copie classique du Coran

Le jour suivant l’étudiant revoit le verset plusieurs fois avant de retrouver son professeur et de recevoir le verset suivant. Après l’avoir répété avec le professeur pour s’assurer de l’exact duplication du son et de sa prononciation, l’étudiant écrit le nouveau verset et s’en va pour commencer une nouvelle session de mémorisation. Le troisième jour commence en revoyant le premier verset une dernière fois, puis le second verset quelques fois puis enfin reçoit le 3e verset. Au 4e jour, le premier verset n’est plus révisé car s’étant ancré dans la mémoire, et le 2e sera repris le jour d’après tandis que le 3e verset sera revu encore quelques fois avant de passer au 4e verset. En fin de semaine il y a une vérification complète de tout ce qui a été mémorisé les jours précédents.

Les jours passant, la capacité de mémorisation s’agrandit et l’étudiant s’attaque à plusieurs versets ou mêmes des pages entières en même temps au lieu d’un ou deux versets. En parallèle, l’usage de la graphie othmanienne continue de même que les sessions de révisions. Finalement, le Qour’âne en entier ayant plus de 6200 versets est mémorisé mot pour mot avec sa prononciation spécifique et sa graphie othmanienne.

Et c’est maintenant que commence la tâche difficile puisque l’étudiant travaille à réviser tous les versets chaque mois pour ne pas les oublier. Cela signifie de prendre les 30 parties du Qour’âne en revoyant une part par jour pour que les 30 parties soient récitées à la fin du mois.

On se doit de mentionner ici le fait que le Qour’âne possède 10 différents modes de récitation. Cela correspond au placement des marques diacritiques sur les mots et comment certains mots sont prononcés. Certains étudiants relèvent ce défi et mémorisent le Qour’âne dans tout ses différentes modes de récitation, ce qui requiert une attention particulière pour savoir à quel endroit la prononciation est différente pour ne pas confondre avec les autres modes de récitation, étant donné la subtilité qu’il peut exister selon le passage étudié.

Le Qour’âne a certaines qualités propres qui déterminent comment il est perçu à l’écoute. Les versets du Qour’âne riment, et changent souvent de rythme, donnant ainsi un effet très plaisant à l’auditeur. Par ailleurs, tout en récitant, on est supposé plus psalmodier plutôt que de simplement lire. En fait, la pratique même du tajwid force le récitateur à psalmodier plutôt que de simplement énoncer les mots de chaque verset.

Le dernier point à souligner est concernant la langue arabe et la graphie othmanienne. Fait parti de l’étude des différents modes de récitations que l’étudiant écrive non seulement dans des ortographes atypiques, mais aussi en excluant les marques diacritiques des mots. Ceci permet à l’étudiant d’apprendre les variantes de récitation sans avoir les marques diacritiques qui interfèrent dans leurs mémorisation des différents modes de récitations. De plus la grammaire arabe demande l’utilisation des marques diacritiques pour ne pas confondre entre le sujet et la proposition verbale. Ceci signifie que celui qui apprend l’arabe doit toujours garder à l’esprit comment les mots sont énoncés pour ne pas altérer la signification entière du verset, ce qui serait une faute grave.Lobes cérébraux

Comprendre comment tout cela est relié au cerveau est une affaire impressionnante. Le cerveau est reconnu être un organe malléable et peut changer ses connexions et même son volume dans certaines de ses parties selon leurs activités propres. En comprenant comment est impliqué le cerveau de celui qui apprend le Qour’âne selon la méthode traditionnelle, on peut comprendre comment les musulmans étaient capables de réussir dans leurs efforts d’apprentissage et de découverte.

En apprenant le Qour’âne, l’attention portée à l’écoute et la prononciation des versets stimule ce que l’on appelle le lobe temporal. C’est dans ce lobe qu’est localisé l’hippocampe, qui est le centre de consolidation de la mémoire. C’est aussi la région du cerveau qui est activée pour traiter les sons musicaux, ce qui est le cas quand le Qour’âne est récité. De plus il s’active aussi quand on écrit manuellement quoique ce soit, à l’instar de l’étudiant qui écrit les versets sur son ardoise. Ceci nous intéresse car c’est la partie du cerveau dont l’activité et les capacités ont été corrélées avec l’aptitude à apprendre de nouvelles informations. Plus cette région reçoit des activations, comme c’est le cas quand on étudie le Qour’âne, et plus efficaces deviennent ses fonctions d’apprentissage et de mémorisation.

Les lobes pariétaux sont aussi très mobilisés quand on apprend le Qour’âne. Le lobe pariétal gauche est concerné par la lecture, l’écriture et les fonctions du discours. C’est aussi la partie dont l’activité est la plus importante pour ce qui est des mathématiques et des problèmes de logique. Le lobe pariétal droit traite aussi le ton de parole, ce qui se retrouve avec le tajwîd. Il est aussi responsable de la relation visuo-spatiale et pour comprendre les expressions faciales.Zones du cerveau s'activant lors de différentes tâches

La partie frontale est responsable du sens du toucher, de la discrimination et de la reconnaissance, qui est active lors de l’écriture des versets.

La partie arrière joue un rôle dans l’attention. Les deux lobes sont activés pendant les exercices d’apprentissage. Ainsi, avoir des lobes pariétaux qui sont bien activés se traduit en ayant une meilleure logique, une habilité à résoudre les problèmes mathématiques, l’éloquence dans le discours, une meilleure habilité à lire les expressions faciales, une attention accrue, et une capacité accrue pour comprendre les relations visuo-spatiales. Ce dernier point explique peut-être pourquoi les musulmans étaient si bons en astronomie.

D’autres régions cérébrales sont également fortement activées à la récitation du Qour’âne et notamment les lobes frontaux et le cortex moteur primaire. Les lobes frontaux s’occupent des fonctions supérieures, dont le travail de la mémoire, l’extraction des donnés de la mémoire, la production de discours et la reconnaissance de mots écrits, l’attention prolongée, la préparation, le comportement social, etc.

Par exemple, quand l’étudiant lit la graphie othmanienne, son cerveau doit décider rapidement de la bonne prononciation du mot, ce qui signifie que sans les marques diacritiques, il doit distinguer des autres possibilités qui incluent non seulement des mots erronés, mais aussi une mauvaise prononciation selon la méthode de récitation qu’il utilise parmi les 10 reconnues comme valides.  La chose surprenante est que le cerveau après maintes répétitions fera ces choses sans un contrôle conscient de la part de l’étudiant. Cela entraîne l’aire du cerveau responsable de l’inhibition, qui est importante pour les intéractions sociales (à noter que les enfants qui ont un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité ont cet aire sous-développée).

Étant donné que le contenu du Qour’âne contient aussi les descriptions d’individus et de lieux, cela active les lobes occipitaux, qui se chargent de générer les images mentales. Cette région est aussi importante pour la perception visuelle. Rester actif dans génération d’une image mentale améliore indirectement les capacités de perception visuelles puisque l’aire activée est dans la même région.

Le Qour’âne est aussi riche en récits, en paraboles, en arguments logiques, tout ceci recrute des aires différentes du cerveau qui deviennent plus efficientes et plus connectées entre elles puisqu’elles sont activées continuellement de par les révisions régulières.

Lis le Coran tout simplement

En reprenant tout cela, il n’est pas surprenant de constater que les musulmans aient été capables de si grandes contributions au savoir de l’humanité en un temps si court (temps court à l’échelle de l’histoire). Après que l’étudiant ait maitrisé le Qour’âne, son éducation dans les autres sciences commençait alors qu’il était encore jeune adolescent.

Étant donné la nature malléable du cerveau, les connexions améliorées affectaient et amélioraient indirectement les fonctions des aires adjacentes : le processus d’étude du Qour’âne des années précédentes avaient entrainé son cerveau et amélioré ses fonctions de perception visuelle, langage, la mémoire de travail, la formation de la mémoire, l’analyse du son, l’attention, les compétences d’apprentissage, l’organisation, parmi tant d’autres qualités utiles à l’homme.

Maintenant imaginez ce qu’un individu sera capable de faire en approfondissant n’importe quel sujet. Il n’est pas surprenant de lire de l’imam Al-Ghazali par exemple qu’il étudia la philosophie grecque pendant son temps libre et la maitrisa en seulement 2 ans.

Quel fut le secret des musulmans, pouvant expliquer leur fulgurante ascension dans les domaines scientifiques et leurs contribution à la connaissance de l’humanité ? C’était, littéralement, quand le Qour’âne était au centre de leur système d’éducation.

Traduit de How The Quran Shapes The Brain, par Mohamed Ghilan,  http://mohamedghilan.com/2012/01/12/how-the-quran-shapes-the-brain/, consulté le 12/11/2014.