Archives du blog

Briser la dépendance au smartphone pendant Ramadan

Ramadan est un mois dans lequel on éduque notre être à se conformer et à se soumettre aux ordres d’Allah. On s’abstient de ce qui est en temps normal halâl (autorisé) pour Son Plaisir, renforçant ainsi notre aptitude à nous tenir à l’écart de ce qui est makrouh et harâm (déconseillé ou interdit).

Avec l’arrivée du Ramadan on ressent un changement en nous, une révolution, une inclinaison quasi-automatique pour augmenter les bonnes actions et s’abstenir des vices. Beaucoup de personnes choisissent d’ailleurs Ramadan pour leurs bonnes résolutions et se libérer des mauvaises habitudes et autres addictions de leurs vies.

Une des addictions de l’ère moderne est celle aux smartphones. Cet objet est devenu pour beaucoup comme un compagnon de vie et un partenaire inséparable.

Beaucoup d’époux(-ses) aimeraient avoir la place du smartphone tellement est constante l’attention portée à cet objet. Ce n’est ainsi pas étonnant de constater que pour beaucoup, le smartphone est la dernière des choses contemplée au coucher, la première au réveil, sans oublier au dîner, au travail et même aux toilettes.

Et bien que ces agissements soient problématiques, ce n’est que la partie visible de l’iceberg. C’est aussi le contenu accédé à travers ces téléphones où réside le problème. Passerelle vers l’information qu’elle soit bonne ou mauvaise, c’est malheureusement les mauvaises données qui sont le plus souvent consultées. L’exhibition de nos vies personnelles sur les réseaux sociaux, le chat et la drague avec le sexe opposé et la visualisation de contenu sexuellement explicites font tous partis du quotidien. La situation est si grave que même les mosquées ne sont plus épargnées.

On doit faire tout notre possible pour mettre un arrêt à ces comportements pour notre propre salut et celui de nos familles. Utilisons le Ramadan comme catalyseur pour briser l’emprise qu’ont les smartphones sur nos vies. Supprimons les obscénités des téléphones. Désinstallons les jeux et applications qui ne sont pas essentielles et laissons nos téléphones à la maison quand on se rend à la mosquée.

Ramadan est le mois où on est censé s’améliorer. Coupez-vous de vos smartphones et vous accomplirez plus à la maison, au travail mais surtout, dans votre relation avec Allah.

(Traduction d’un communiqué de l’association des ‘Ulama d’Afrique du Sud)

Publicités

Le Commandeur des croyants te conseille pour Ramadan

halaq_at_masjid_al-haram_6_april_2015_makkah_saudi_arabia

Imagine la scène, tu viens de prier derrière le dirigeant suprême (qu’on nomme plutôt « amîr al-mu’mineen ») qui t’exhorte ensuite pour Ramadhan

Il est rapporté qu’à la première nuit du Ramadan et après avoir prié le maghrib, le Commandeur des croyants ‘Umar (qu’Allah soit satisfait de lui) s’adressait aux gens ainsi :

Asseyez-vous. Assurément le jeûne de ce mois vous a été rendu obligatoire, et rester debout dans les prières de nuit ne vous a pas été rendu obligatoire, mais ceux qui parmi vous peuvent rester debout en prières devraient le faire, et cela fait parti des actes supplémentaires à propos desquels Allah nous a exhorté, et celui qui ne peut rester debout en prière, qu’il dorme dans son lit.

Et prenez garde de dire : je jeûnerai si untel ou untel jeûnent, et j’observerai les prières de nuit si untel ou untel observent la prière. Quiconque jeûne ou observe la prière de nuit, il doit le faire pour Allah. Et sachez que vous êtes en prière tant que vous restez à attendre la prière.

Abrégez tout parole inutile ou incorrecte dans les maisons d’Allah (il le répéta deux ou trois fois). Que personne parmi vous ne jeûne quelques jours avant le mois (pour ne pas manquer le premier jour du mois ; il le répéta trois fois). Et ne jeûnez pas jusqu’à ce que vous voyiez (le croissant du nouveau mois) à moins que (le ciel ne) soit nuageux. S’il est nuageux, comptez (le mois précédant) à 30 jours. Puis ne rompez vos jeûnes que dès que vous verrez la nuit sur la montagne (c-à-d que vous serez sûrs que le soleil se soit bien couché).

Musannaf de ‘Abdul Razzaq San’ani 7748

Le jeûne des longs jours d’été pendant le Ramadan

Par le Chaykh (Dr) Haitham Al-Haddad

Cette année le Ramadan aura lieu durant l’été, avec des journées à la rallonge qui peuvent causer des difficultés à certains musulmans et notamment ceux habitant le nord de l’Europe. Certains vont peut-être rechigner face à cette situation, d’autres trouveront carrément des (fausses) excuses pour éviter de jeûner. D’autres se plaindront des inconvénients qu’il y a à jeûner de si longs jours.

La raison sous-jacente à ces objections est la faiblesse de notre croyance dans la véracité et le caractère éternel de l’au-delà.

Nous avons beaucoup d’exemples parmi les premières générations de musulmans qui jeûnaient délibérement de longs et difficiles journées. On sait que Madînah (Médine), la ville du Prophète – sur Lui soit la Paix – est une ville où il y fait très chaud l’été et pourtant il est rapporté qu’il jeûnait fréquemment. Sa femme, ‘A’ichah observa qu’il jeûnait continuellement au point de croire qu’il ne s’arrêterait pas de jeûner, et pareillement il ne jeûnait parfois pas au point de croire qu’il ne jeûnerait plus.
Il est rapporté que Aboud Darda’ a dit : « Nous partîmes avec le Messager d’Allâh – sur Lui soit la Paix – [en voyage] pendant le mois de Ramadan alors qu’il faisait une châleur intense, et personne parmi nous ne jeûnait si ce n’est le Messager d’Allah – sur Lui soit la Paix – et ‘Abdullah ibn Rawâhah ». (Rapporté par Al-Boukhariy, 1945 et Mouslim, 1122).

Son épouse bien aimée ‘A’icha avait pour habitude de suivre sa sounnah. Ainsi Yahya ibn Abi Kathir, un savant de la dernière période de la 2e génération, a dit : « al-Qasim ibn Mouhammad, le neveu de ‘A’ichah, l’informa [justement] qu’elle jeûnait lors de voyages en pleine chaleur. Je demandais « Et pourquoi une telle contrainte ? » Il dit “ Elle prenait avantage [de la situation]. [1]

Le célèbre compagnon Abou Moussa Al-Ach’ariy entendit quelqu’un s’exclamer depuis la mer (certainement un des jinns vertueux) : « Allah s’est astreint, pour quiconque se serait altéré en un jour de chaleur, parmi les jours de cette vie qui sont extrêmement chauds (c.à.d au plus fort de l’été), [c’est un Droit d’Allah] d’étancher sa soif le Jour de la résurrection ». Abou Moussa recherchait les jours qui étaient les plus chauds au point de s’y sentir cuit, et il jeûnait ces jours-là. [2]

Quand on ressent cette douceur d’être proche d’Allah et qu’on commence à réfléchir à la réalité de cette vie comparée à celle de la vie d’après, alors le ressenti des actes de culte devient très différent. La fatigue physique devient un plaisir au nom de celui qu’on chérit : Allah, Son Bon Plaisir et le Paradis.

Sa’îd ibn Joubayr, le célèbre savant vertueux, a dit « Quand ‘Abdoullah ibn ‘Oumar savait sa mort proche, il dit : « Je n’ai rien laissé de ce monde que je serais peiné de quitter si ce n’est la soif ressentie à midi par la chaleur [en raison du jeûne] et marcher pour assister à la prière »[3]. Des propos similaires sont attribués à beaucoup parmi les premières générations. Ainsi ‘Alqamah ibn marthad, un savant de la fin de la 2e génération, dit « Je ne pleure pas après votre monde par envie, mais je pleure à l’idée de manquer [à cause de la mort] la soif de la châleur de midi [en raison du jeûne] et les prières nocturnes d’hiver [en raison de leurs longévités] ». [4]

Il est étonnant de constater que les premiers musulmans rivalisaient pour accomplir les actes vertueux même s’ils n’étaient pas des savants et comptaient parmi les profanes. Al-Bayhaqi rapporte dans son livre Al-Sounnan qu’une fois ‘Abdoullah ibn ‘Oumar alla dans les banlieux de Madînah avec quelques-uns de ses compagnons. Ils étendirent la nappe [pour manger] alors qu’un berger s’approcha. Ibn ‘Oumar dit : « Viens, Ô berger et prends part à ce pique-nique. Il répondit « Je jeûne » auquel Ibn ‘Oumar dit « Tu jeûnes en un jour aussi chaud alors que tu es sur ces monticules abrupts à diriger ces moutons ? » Le berger répondit « je profite de mes jours restant »[5]. De même, Sa’îd ibn Salim dit qu’un des nobles imams connu sous le nom de Rowh bin Zimba, dont le père était un compagnon, vint en un lieu entre Makkah (La Mecque) et Madînah en un jour très chaud. On lui apporta son repas quand un berger approcha depuis la montagne ; il lui dit « Ô berger, viens et mange avec moi ». Le berger répondit « Je jeûne ». Rouh dit « Tu jeûnes en cette chaleur ? » Le berger répondit « Devrais-je laisser mes jours passer en vain ?” Rouh récita un distique Tu as mis à profit tes jours sagement Ô berger, alors que Rouh bin Zimba’ a gâché les siens ».[6]

On rapporte de Abou Dharr Al-Ghifari, l’illustre compagnon connu pour sa piété, qu’il dit une fois « Ô hommes, je suis pour vous un conseiller et quelqu’un d’attentionné. Priez dans l’obscurité de la nuit en prévision de la solitude de la tombe. Jeûnez dans ce monde en prévision de la chaleur du jour de la Résurection. Donner en charité craignant les difficultés. Ô hommes, je suis pour vous un conseiller et quelqu’un d’attentionné ». [7]

L’éminent savant ibn al-Qayyim qui écrivait fréquemment sur les actions du cœur, expliqua comment une personne peut accomplir des tâches difficiles « Sache qu’un serviteur traverse le sentier vers Allah par son cœur et sa volonté et non par son corps. La Taqwa (piété) est en réalité la piété du cœur et non celle du corps. Allah dit : « Se montrer respectueux des rites institués par Dieu est un acte qui s’inspire de la piété du cœur » et le Prophète – sur Lui soit la Paix – de dire « La piété est ici » et il montra son cœur. Ainsi la personne avisée peut traverser une distance par une solide détermination et une haute aspiration.

Il est triste d’imaginer que si l’un de nous avait l’occasion de travailler jour et nuit pendant un mois pour avoir une voiture de luxe ainsi qu’une belle demeure dans un quartier huppé, celui-ci sauterait sur l’occasion. D’autres mêmes se plaindraient de ne pas avoir eu la même « chance ». Le fait est que si nous avions la conviction dans ce qu’Allah nous a promis pour nos jeûnes de ces longs jours, nous souhaiterions que le Ramadan avec ses longues journées soit étendu à l’année toute entière. Allah dit : « Mangez et buvez agréablement pour ce que vous avez avancé dans les jours passés » [8] et « En vérité, les persévérants seront rémunérés au-delà de toute espérance » [9]. Un certain nombre des exégètes du Qour’âne ont dit que les jeûneurs sont comptés parmi les persévérants.

Al-Hassan al-Basri, le célèbre savant de la 2e génération connu pour la sagesse de ses propos dit : « La Houra, le titre donné à l’une des plus jolies femmes du paradis, dira au Wali (bien aimé) d’Allah , alors qu’il se détendra avec elle près d’une rivière faite de miel et recevant de celle-ci un verre « Quelle vie magnifique ! Sais-tu, Ô bien-aimé d’Allah, quand est-ce que mon Seigneur m’a marié à toi ? » Il dira « je ne sais pas » et elle de dire « Il t’as observé en un long jour d’été alors que tu jeûnais dans la chaleur de midi, et il appela les anges en disant « Regardez Mon Serviteur. Il a délaissé femme, plaisirs, nourriture et boisson pour Moi en vue des attentes qu’il espère de Moi. Soyez témoins que je l’ai pardonné » et Il t’as Pardonné ce jour et m’a marié à toi ». [10]

Beaucoup parmi nous voudraient que nos jeûnes passent facilement, on tolère une petite gêne en espérant une récompense généreuse sans réel effort. Beaucoup de personnes pensent que jeûner devrait être facile puisqu’elles ne pensent pas trouver de difficultés sur le chemin menant au Salut. Seulement, dès qu’une personne se prépare mentalement et spirituellement, le jeûne deviendra facile. La vraie force n’est pas physique, mais vient plutôt du cœur.

Par ailleurs, certaines choses peuvent aider à jeûner ces longues journées. Le repas d’avant l’aube (souhoûr) est d’une assistance capitale. Le prophète – sur Lui soit la Paix – a dit « prenez part au repas d’avant l’aube (souhoûr) car dans le souhoûr réside la bénédiction (barakah) » [11]. Consommer des dates pour le souhoûr et l’iftar est un autre composant fondamental ; en plus d’être une sounnah encouragée par le Prophète – sur Lui soit la Paix – c’est l’expérience de beaucoup que manger des dates au souhoûr enlève la soif, la faim et la fatigue. Un autre point à garder est d’être occupé en journée. La meilleure des choses qu’une personne puisse s’occuper est en lisant le Qour’âne, puisque l’on sait qu’il s’agit du mois du Qour’âne (« Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été révélé pour guider les hommes dans la bonne direction et leur permettre de distinguer la Vérité de l’erreur » Qour’âne 2/185).

Si une personne a un objectif conséquent de lecture, d’apprentissage ou de mémorisation du Qour’âne pendant les journées de Ramadan, elle s’apercevra que les jours ne seront pas ennuyeux et qu’ils passeront rapidement.

Supplier Allah est aussi une méthode par laquelle l’adoration devient facile au serviteur. Allah dit « Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi.. alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu’ils répondent à Mon appel, et qu’ils croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés. » [12]

Traduit de Fasting the Long Summer Days of Ramadan, Chaykh (Dr) Haitham Al-Haddad, http://www.islam21c.com/islamic-thought/5755-fasting-the-long-summer-days-of-ramadan/, consulté le 10/05/2014

[1] al-Tahawi, Sharh Ma’ani al-A’athar, (vol.2, p.70)

[2] Ibn al-Mubarak, al-Zuhd; Ibn Abi Dunya, al-Hawatif. Aussi rapporté dans Ibn Abi Shaybah (vol.2, p.273) et Abdur Razzaq (vol.4, p.308)

[3] Ibn Abi Shaybah (vol.7, p.230)

[4] Abu Nu’aym, Hilyatu’l-Awliya (vol.2, p.88)

[5] al-Bayhaqi

[6] Tarikh Ibn Ma’in (vol.4, p.455)

[7] Ahmad, al-Zuhd, p.148

[8] 69:24

[9] 39:10

[10] Ibn Abi Dunya, al-Ju’, hadith no. 40.

[11] al-Bukhari et Muslim

[12] al-Baqarah 2:186