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J’aimerais être noir. Ou blanc.

« Ô les gens ! Oui, je suis un homme de Quraysh, mais Il n’y a pas d’homme blanc (littéralement : rouge) ni d’homme noir parmi vous qui ne me surpasse en droiture (taqwâ) sans que je ne souhaite être dans sa peau »

 

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Les femmes doivent-elles prier régulièrement aux mosquées ?

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Il semblerait qu’il se développe de plus en plus chez les musulmanes cette habitude de se rendre (seules ou en groupes) à la mosquée pour participer au jumu’ah (prière du vendredi) ou même aux prières communes. Cet acte n’est pas interdit en soit si les conditions islamiques sont respectées, et d’ailleurs le Prophète ﷺ – sur Lui soit la Paix – a dit : « Si la femme de l’un de vous lui demande l’autorisation de se rendre à la mosquée, qu’il ne la lui refuse pas » (sahih, authentique).

Mais il convient aussi de prendre en compte ce qui suit :

Allah le Très-Haut a dit « Et restez dans vos foyers…» (Coran ; 33:33, on rappelle que c’est Allah qui parle, n’en déplaise à certain(es)). La femme doit en principe rester au foyer et ne le quitter qu’en cas de nécessité ou de besoin. C’est pourquoi l’Islam enseigne que la prière accomplie par la femme à son domicile est meilleure que celle effectuée par elle dans une mosquée. Les ‘oulama rappellent que les premières musulmanes avaient l’unique privilège de prier derrière le Prophète ﷺ – sur Lui soit la Paix – et que leurs modesties étaient au delà de tout soupçon, et malgré cela, le Prophète ﷺ – sur Lui soit la Paix – les a encouragé à prier chez elles.

D’après `Abdullah ibn Massoud, le Prophète ﷺ – sur Lui soit la Paix – a dit : « La prière que la femme accomplit dans sa maison est meilleure que celle qu’elle effectue dans sa chambre, celle qu’elle accomplit dans un coin intime de la maison est meilleure que celle qu’elle effectue dans les autres parties de la maison » (rapporté par Abou Dawoud, 570 et par at-Tirmidhî, 1173).

D’autres paroles de cet illustre compagnon à ce sujet sont rapportées : « Aucune prière de la femme n’est plus aimée d’Allah le Très-Haut que celle effectuée dans sa propre maison » (Musannaf Ibn Abi Chaybah, Hadith: 7701), « Une femme est plus proche de son Seigneur quand elle est dans l’intérieur de sa maison » (Musannaf Ibn Abi Chaybah, Hadith: 7698). En fait, `Abdullah ibn Massoud éloignait lui-même les femmes en dehors de la mosquée en leur jetant de minuscules cailloux (Musannaf Ibn Abi Chaybah, Hadith: 7699). On rapporte aussi de `Abdullah ibn Mass’oud qu’il refusait aux femmes d’entrer le jour de jumu’ah en leur disant « Partez, vos foyers sont meilleurs pour vous » (Tabarani). Cela est aussi rapporté du calife ‘Oumar. Celui-ci disait même à sa femme « je jure que tu sais très bien combien je déteste [le fait que tu ailles à la mosquée] » (car elle y allait pour les prières de ‘icha et du fajr ; mais il ne lui interdit pas).

Mais moi je veux prier à la mosquée parce que les hadith sur l’autorisation sont clairs, et aussi j’ai pris goût à la liberté de l’occident !

Il faut savoir que dès que l’on trouve des hadiths autorisant en apparence aux femmes d’assister à la congrégation, on trouvera toujours que les exégètes fixaient des conditions rigoureuses pour cette permission.

Il est rapporté de façon sûre que `Amrata bint Abdir Rahmâne a dit : « J’ai entendu `A’icha, l’épouse du Prophète ﷺ – sur Lui soit la Paix – dire : « Si le Prophète ﷺ – sur Lui soit la Paix – voyait ce que les femmes ont inventé (en matière de comportement en public) après lui ﷺ, il ﷺ leur interdirait l’entrée aux mosquées comme ce fut le cas des femmes des fils d’Israël » (rapporté par Mouslim dans son Sahih).

Presque tous sont unanimes quant à la clause d’être exempte de toute fitnah (incident, péché) c’est-à-dire que l’autorisation ne court que s’il n’y a pas de fitnah. Les maîtres du hadith que sont les Imams Boukhârî, Mouslim et Aboû Dawoûd ont cité le hadith de `A’icha (« Il ﷺ leur interdirait l’entrée aux mosquées ») après les hadiths de la permission, faisant allusion au fait que c’est en effet meilleur pour les femmes de rester à la maison pour la prière. Il est crucial pour la masse de comprendre comment ces géants ont décrit les hadith, et on ne devrait pas citer ces hadith en dehors de leurs justes positions islamiques.
À l’époque actuelle et en terre de pleine mécréance, nous sommes indubitablement englués dans la fitnah. La norme devient que l’entrée des mosquées soit unique comme celle des supermarchés, nos attitudes et regards sont influencés par des célébrités immorales depuis tout petit, on s’embellit pour être bien vue par autrui, au vu de tout ceci, les musulmanes ne devraient-elles pas s’écarter de ce qui ne leur est pas obligé (venir à la mosquée) pour suivre ce qui est wâjib (obligatoire) c’est-à-dire de s’écarter de la fitnah ?

Celles qui débutent ont peut-être besoin de fréquenter d’autres sœurs et quel endroit meilleur que la mosquée et donc pour ces exceptions il faut réserver un coin pour femmes dans nos mosquées, mais pour celles qui sont ancrées dans le dîn, en faire une habitude, est-ce bien raisonnable ?

Ce n’est pas tout d’avoir une bonne intention, il faut prendre en compte le contexte ; c’est dans l’air du temps pour ce qui est de rendre le harâm, halâl ; voyons si cette « sincérité » marche aussi dans l’autre sens.

Allah sait mieux.

Sources pour cet article : lien, lien, lien.

Origines du Féminisme ?

Dialogue fictif entre deux mecs à propos des femmes avant le triomphe du modernisme

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« C’est tellement barbant de convaincre une femme de coucher avec nous !

– C’est clair ! Tu dois d’abord l’épouser, donc aller voir sa famille, ses parents, et surtout son père protecteur. Payer pour le mariage, etc. Et ça, c’est juste au début. Qui veut passer toute sa vie entière lié à une femme, responsable de son bien être et de ses enfants ? J’ai juste envie d’être libre, de n’avoir aucun engagement à long terme et de pouvoir prendre du plaisir pour une nuit ou un peu plus.

– Trop de soucis !

– J’aimerais qu’il y ait un moyen plus simple pour avoir un peu d’action

– Ben, c’est peut-être possible…

– Comment ça ?

– Et si on commençait à dire aux gens que le mariage est un moyen d’opprimer les femmes ?

– Qui croirait une chose pareille ?

– C’est ici que ça devient brillant ! Tout ce qui évite aux femmes d’être entubées par des gars comme nous, on le décrit comme participant à l’arriération de la femme, à son oppression et à la négation de leur liberté de choix.

– Hmm… ça a l’air interéssant mais je sais pas, ça serait difficile à faire avaler.

– Mais mec, utilise ton imagination.

– Ok, le plus gros obstacle serait le père. Peut-être que si on amenait les filles à penser que leur père est trop protecteur…

– Ouais sauf qu’on exagère ça puissance 1000 ! On les amène à penser que leurs pères sont des esclavagistes ! Que ce sont des bouffons archaïques qui prennent plaisir à contrôler leurs filles et à les faire souffrir

– Mais pourquoi les filles penseraient une chose pareil de leur propre père?

– On leur dit juste que leurs pères font partie du système social qui a pour but exclusif d’abuser des femmes et de frustrer leurs intérêts. On peut même dénommer ce système d’après le noms des pères

– « père-tature ? »

– Je pensais à « patriarcat »

– J’aime ça!

– Donc on décrit les pères comme faisait partie de ce patriarcat oppresseur et on se présente nous-mêmes comme des chevaliers blancs venus sauver ces pauvres filles innocentes de ce système de contrôle abusif.

– J’aime ça! Mais si les pères nient qu’ils font partie de cette sorte de conspiration contre leurs propres femmes et filles ?

– Hmm, bien vu… Je sais! On leur dit que c’est l’intériorisation du patriarcat !

– C’est tellement fou que ça peut marcher !

– Une fois qu’on a mis tout ça en place, on dit aux femmes que le meilleur moyen de combattre ce satané patriarcat est d’abandonner la maison parentale et de pratiquer ‘l’autonomie sexuelle’ avec des gars comme nous

– Ouais ça m’a l’air bien ! Et on fait quoi de leur religion ? Elles ne vont pas se sentir mal de violer leur éthique de façon si frontale ?

– Facile, on leur dit que la religion fait partie ce satané patriarcat. Si c’est trop on a qu’à dire que quoique la religion dise à propos des femmes, c’est sur la base du patriarcat et qu’il faut réinterpréter les Textes pour qu’ils soient plus ‘justes’. Évidemment on affirmer au sujet des savants/oulémas qu’ils supportent cette limitation malveillante des femmes

– Génial !

– Maintenant faut qu’on répande le message et y a plus qu’à attendre que ces meufs viennent à nous pour exercer leur « liberté » !

– Ouais ! Au fait, comment on devrait appeler ce nouveau message d’espoir ?

– Pourquoi pas le féminisme ? Comme ça elles penseront qu’on essaye de libérer les femmes et qu’on sert leurs intérêts !».

Traduit de The Origins of Feminism?, Daniel Haqiqatjou, https://muslimskeptic.com/2017/09/18/origins-feminism-french/, traduction initiale de Rayan, consulté le 04/11/2017

OMS : L’excision sounnah n’a « pas d’effets néfastes »

Il existe de par le monde trois ou quatre formes d’excisions:
a) le fait d’enlever le demi-prépuce (c’est à dire le capuchon qui recouvre la partie antérieure du gland clitoridien) ;
b) la clitoridectomie, qui consiste à enlever le clitoris lui-même ;
c) la circoncision pharaonique où sont enlevés : le demi-prépuce, le clitoris, les petites lèvres et les grandes lèvres ;
d) l’infibulation, qui consiste à placer un anneau (fibule) entre les grandes lèvres ou à coudre ces grandes lèvres.

Concernant le premier type (les mutilations étant condamnées par l’islam), un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) intitulé « Pratique traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants » rapporte ce qui suit :

Type 1 : circoncision symbolique : L’excision circonférentielle du prépuce clitoridien, similaire à la circoncision [des enfants de sexe masculin]. Cela est connu dans les pays musulmans comme la circoncision sunnah. Cela est aussi parfois pratiqué aux États-Unis pour contrer les difficultés à atteindre l’orgasme chez les femmes ayant un dédoublement ou phimosis du prépuce féminin (Rathmann, Wollman).
Comme il n’a pas été rapporté de quelconque conséquences néfastes sur la santé, ce rapport ne se préoccupe en rien de cette forme de circoncision féminine.
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Source : Rapport de l’OMS de 1979 « Traditional practices affecting the health of women and children », p. 54: http://whqlibdoc.who.int/emro/tp/EMRO_TP_2.pdf
Ces lignes, visiblement équilibrées, et visiblement jugées pas assez « dures » ont été supprimées des rapports ultérieurs.
Récemment, deux chercheuses étatsuniennes ont préconisé cette excision minimaliste et ont réfuté le terme de « mutilation », décriant au passage les envolées discriminatoires et suprémacistes des opposants purs et durs (dont un bon nombre de français au vu des réactions suscitées).
Nul doute qu’il existe un lobby islamophobe et féministe qui essaie 1) de dénoncer toute forme de circoncision comme « mutilation » et 2) de faire l’amalgame entre les pratiques Islamiques et les réelles mutilations qui sont en effet condamnables, et présentes dans des pays non-musulmans par ailleurs. L’excision n’est nullement obligatoire chez les musulmans, mais si certains la considèrent sounnah et ne réalisent pas de mutilation et la réalisent dans de bonnes conditions, alors nous les soutenons.

Briser la dépendance au smartphone pendant Ramadan

Ramadan est un mois dans lequel on éduque notre être à se conformer et à se soumettre aux ordres d’Allah. On s’abstient de ce qui est en temps normal halâl (autorisé) pour Son Plaisir, renforçant ainsi notre aptitude à nous tenir à l’écart de ce qui est makrouh et harâm (déconseillé ou interdit).

Avec l’arrivée du Ramadan on ressent un changement en nous, une révolution, une inclinaison quasi-automatique pour augmenter les bonnes actions et s’abstenir des vices. Beaucoup de personnes choisissent d’ailleurs Ramadan pour leurs bonnes résolutions et se libérer des mauvaises habitudes et autres addictions de leurs vies.

Une des addictions de l’ère moderne est celle aux smartphones. Cet objet est devenu pour beaucoup comme un compagnon de vie et un partenaire inséparable.

Beaucoup d’époux(-ses) aimeraient avoir la place du smartphone tellement est constante l’attention portée à cet objet. Ce n’est ainsi pas étonnant de constater que pour beaucoup, le smartphone est la dernière des choses contemplée au coucher, la première au réveil, sans oublier au dîner, au travail et même aux toilettes.

Et bien que ces agissements soient problématiques, ce n’est que la partie visible de l’iceberg. C’est aussi le contenu accédé à travers ces téléphones où réside le problème. Passerelle vers l’information qu’elle soit bonne ou mauvaise, c’est malheureusement les mauvaises données qui sont le plus souvent consultées. L’exhibition de nos vies personnelles sur les réseaux sociaux, le chat et la drague avec le sexe opposé et la visualisation de contenu sexuellement explicites font tous partis du quotidien. La situation est si grave que même les mosquées ne sont plus épargnées.

On doit faire tout notre possible pour mettre un arrêt à ces comportements pour notre propre salut et celui de nos familles. Utilisons le Ramadan comme catalyseur pour briser l’emprise qu’ont les smartphones sur nos vies. Supprimons les obscénités des téléphones. Désinstallons les jeux et applications qui ne sont pas essentielles et laissons nos téléphones à la maison quand on se rend à la mosquée.

Ramadan est le mois où on est censé s’améliorer. Coupez-vous de vos smartphones et vous accomplirez plus à la maison, au travail mais surtout, dans votre relation avec Allah.

(Traduction d’un communiqué de l’association des ‘Ulama d’Afrique du Sud)

Organismes musulmans agrées par l’État Français pour la réduction d’impôts

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Nous autres musulmans sommes une communauté tournée vers le don. Que ce soit par la zakât ou la sadaqah, les musulmans donnent une bonne part de leurs argents en aumône et il ne serait pas surprenant de découvrir que nous sommes la première communauté à faire des dons, comme en Grande-Bretagne.

Des versements sous forme de dons ou de cotisations à certains organismes d’intérêt général peuvent donner lieu à une réduction d’impôt sur le revenu si cet organisme œuvre pour le bien de la société.

La réduction d’impôts pour les particuliers est encadrée par
l’article 200 (et 200-bis) du code général des impôts. Ses principales
conditions sont les suivantes :

  • la réduction d’impôt est de 66 % (75% pour le Secours Islamique) et jusqu’à 530 € pour les dons aux associations qui viennent en aide aux personnes en difficulté en France ou à l’international) ;
  • le don ne doit pas excéder 20 % du revenu imposable ;
  • l’excédent est reporté sur les cinq années suivantes et donne droit
    à une réduction d’impôt dans les mêmes conditions.

Ci-dessous les les organismes musulmans qui se déclarent être agrées par l’État et
qui semblent bénéficier la communauté en raison de leurs activités.
Avant de donner à vous de vérifier le projet, le dynamisme et le sérieux de l’association
Certains acceptent l’argent des intérêts bancaires, d’autres non.

NB : d’autres associations non agrées par l’état font néanmoins un travail formidable de terrain, ne les oubliez surtout pas. Tout n’est pas question de €€€.

Éducation

Humanitaire

Religieux

Société

Liste d’associations obtenues via l’excellent site Deen de Confiance. Si vous en connaissez d’autres, laissez leurs noms et coordonnées ci-dessous dans les commentaires.

Les enfants ont une « croyance naturelle en Dieu »

Dr Olivera Petrovich, psychologue à l’université d’Oxford, déclara à la conférence sur la psychologie des religions, tenue à l’université de Western Sydney, que même les enfants préscolaires se construisent des concepts théologiques dans leurs compréhensions du monde physique.
Les psychologistes ont débattu quant à savoir si la croyance en Dieu ou l’athéisme étaient l’état naturel de l’homme. Selon le Dr Petrovich, experte en psychologie des religions, la croyance en Dieu n’est pas apprise mais se développe naturellement.

Elle confia hier au journal The Age que la croyance en Dieu naît du résultat d’autres développements psychologiques connectés au principe de cause à effet.

Dr Petrovich ajoute que ses conclusions sont basées sur plusieurs études, particulièrement sur une portant sur les enfants japonais agés de quatre à six ans, et une autre de 400 enfants britanniques agés de cinq à sept ans et de différentes croyances.

« L’athéisme est résolument une position acquise » dit-elle.

Source : http://www.theage.com.au/national/infants-have-natural-belief-in-god-20080725-3l3b.html#ixzz2O0dM7RbP

Un bien sale appétit

« ‘Amr ibn Al-‘Âs [RadiyAllahu ‘anhu] marchait avec un groupe d’amis, quand il passa auprès d’une carcasse de mule [à l’aspect] boursouflé et en décomposition. Il dit: “Par Allah ! De manger à votre faim de cette carcasse est meilleur que de manger la chair d’un Musulman [en le médisant]” »

Al-Adab Al-Mufrad

Quand venir à la mosquée c’était swag

« En vérité, je nous ai observé à une époque où personne ne restait derrière lors de la Prière (à la mosquée) excepté l’hypocrite dont l’hypocrisie était connue, ou la personne malade ; et d’ailleurs le malade marchait [avec l’appui de] deux hommes jusqu’à la prière »

Sayyiduna ‘Abdullâh ibn Mas’ûd RadiyAllahu ‘anhu, Sahîh Mouslim.

Les escrocs du marriage

par Zainab bint Younus

Les communautés musulmanes à travers le monde sont confrontées à plusieurs défis, venant aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Certains problèmes comme la pauvreté ou la toxicomanie concernent toutes les races et religions. Cependant, la communauté musulmane a des problèmes qui lui sont uniques aussi un phénomène particulier a vu le jour, à savoir l’« escroquerie au mariage ».

Cette traîtrise survient quand des musulmans qui se prétendent instruits et pieux, s’en prennent à des femmes vulnérables et les persuadent au mariage, dans le seul but de les utiliser et de les malmener, pour malheureusement les abandonner par la suite. Certains de ces individus ont marié et divorcé des femmes un nombre incalculable de fois, les faisant circuler parmi leurs amis, traitant la femme comme un produit jetable.

Il s’agit d’une pratique infâme qui maltraite et démolit les musulmanes, qui détruit de nombreux foyers, qui marque profondément tout une génération d’enfants et qui détourne de l’Islam des musulman(e)s autrefois si sérieux.

L’idéologie de ces conduites n’a aucune base religieuse et encore moins de justification quoiqu’on en dise, de même pour la déformation et utilisation du Dîne pour excuser l’exploitation de femmes naïves et candides.

L’« escroquerie au marriage » n’est pas une mince affaire, elle implique des violences psychologiques, émotionnelles et physiques ; de la manipulation, une tromperie évidente, de l’imposture et le pire de tout, un manque total de dignité et responsabilité devant Allah, autrement dit un manque de taqwa.

Cibles et tactiques

En ces temps où le mariage est un sujet brûlant parmi les générations de musulmans, où le jeune croyant trouve difficile de de trouver des époux(ses) convenables, la femme demeure fatalement le maillon le plus vulnérable. Pressées par la famille ou bien par la communauté, ou simplement muées par le désir de satisfaire la sounnah du marriage, beaucoup de femmes oublient de prendre les précautions nécessaires lors du choix d’un mari.

Fort de son expérience avec les « escrocs du marriage » et leurs victimes, Chaykh Younus a remarqué que certaines femmes risquaient tout particulièrement d’être ciblées par ces prédateurs : il s’agit des converties/reconverties à l’Islam ainsi que les nouvelles pratiquantes, et tout particulièrement celles ayant des familles non-musulmanes ou non-pratiquantes.

Certaines femmes se sont tournées vers l’Islam après plusieurs expériences au cours de leurs vies, y compris des relations maritales avec enfants issues de ces relations. Dans leurs efforts de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants, et souvent ayant une vue d’ensemble plutôt naïve de ce que les mariages musulmans sont, elles s’empressent d’accepter les demandes de mariage sans approfondir les antécédents de ces prétendants. Certaines de ces femmes ont parfois d’autres soucis qui font qu’elles se sentent « moins dignes » à faire leurs « difficiles » pour accepter leurs époux, des soucis comme des problèmes mentaux, l’instabilité financière, ou même des questions d’images de soi. 

Malheureusement, les prédateurs savent exactement ce qu’ils doivent chercher, ils savent ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire pour persuader ces femmes d’accepter le mariage. Dans certains cas, ils trouvent leurs victimes sur internet, sur les forums « islamiques » et sur les réseaux sociaux facebook/twitter, ces messieurs atteindront les femmes qui à la base recherchent la science islamique et une relation affective basée sur le Dîne.

Les prédateurs insistent fortement sur le mariage et la polygamie (polygamie), et rappèleront ces sœurs que leurs « places » est à la maison en tant que femme et mère.

D’autres assaillants essaient une méthode qui a fait ses preuves dans leurs communautés. Ils utilisent la femme d’un ami qui est à l’affût et qui devient amie avec de nouvelles sœurs qui ont joint la communauté, en créant une relation amicale et les encourageant progressivement de marier « un frère pieux que mon mari connaît ».

Une tactique très fréquente de ces prédateurs est la manipulation émotionnelle et religieuse : mettre la pression à ces femmes de se marier rapidement pour « accomplir la sounnah » et de « protéger leurs désirs ». Pour des femmes qui aspirent à avoir une stabilité et un compagnon pour la vie, la combinaison du chantage émotionnel (une femme qui ne se marie pas rapidement n’est pas une bonne musulmane) et des flatteries (« tu es si pieuse, on doit se marier pour que je puisse me protéger!) peut s’avérer très persuasif !

Quand elles sont approchées par ces hommes qui promettent de donner un « foyer islamique heureux », que leurs beautés résident dans le Dîne plutôt que dans les apparences, qui les convainquent que la polygynie est une sounnah qu’elles doivent appliquer, beaucoup de musulmanes se laissent convaincre qu’il s’agit d’un mariage parfait et elles acceptent la demande en mariage.

Signaux d’alerte

Presque tous ces escrocs du mariages ont des comportements qui devraient alerter toute musulmane qui aspire à se marier.

D’abord, il est dit à la femme que son Walî est soit inadéquat (car pas assez pratiquant, n’acceptant pas le prétendant, ou juste « rendant le mariage sunnah difficile pour aucune raison ») ou soit invalide (en particulier pour les musulmanes avec parents et familles musulmanes). L’homme convaincra par la suite qu’ils ont une meilleur personne qui agira comme le wali, très souvent un de ses amis proche.

On dit aussi à beaucoup de ces femmes que de demander un mahr de quelque montant qui soit est erroné, ou contre la sounnah. Le hadith qui dit que le mariage le plus béni est celui qui a le mahr le plus accommodant est répété à foison et est utilisé pour culpabiliser ces femmes qui pourraient demander une quelconque somme d’argent.

Le droit pour la femme d’avoir un walî qui pense à son meilleur intérêt pour elle, et à une mahr appropriée sont des droits inaliénables que la Chari’ah lui a donné. Aucune femme ne devrait être forcée à renoncer ces droits qu’Allah Lui-même lui a conféré !

La tromperie continue

Malheureusement, les abus ne font que continuer et s’accentuer quand la femme accepte le mariage. Dans beaucoup de cas, elle comprend qu’on lui a menti sur toute la ligne, qu’elle n’est ni la première femme ni la seule femme, mais que l’homme en a juste marié une de plus. Dans d’autres cas, on lui dira qu’en tant que seconde (ou troisième ou quatrième) femme, elle doit subvenir à ses propres besoin ou venir vivre dans le foyer avec les co-épouses et de tout « partager » !

D’autres femmes se retrouvent non seulement à s’occuper d’elles-mêmes et des enfants qu’elles avaient déjà, mais aussi de ces prédateurs. Certains prédateurs dissimulent leurs passés délictuels ou l’absence d’éducation/de diplômes jusqu’à ce que le nikah ait été fait, puis informent leurs femmes qu’ils ne peuvent travailler et subvenir aux besoins. Ils rétorquent que parce qu’ils « recherchent la science » (souvent sur internet…), c’est à la femme de les aider, souvent financièrement. Si la femme se plaint ou conteste, elle est accusée d’être une femme désobéissante et de causer des problèmes. Les recommandations initiales de rester à la maison sont alors vite oubliées !

Il n’y a pas que le volet financier où ces femmes sont victimes dans ces mariages. Les sévices mentaux et chantages psychologiques sont courants, en plus des violences physiques et sexuelles. Les victimes sont souvent incapables de partager leurs vécues ou de recevoir l’assistance nécessaire pour se remettre de ces épisodes traumatisants. À la place, à cause de la stigmatisation et des tabous liés à ces problèmes, les femmes qui délaissent ces mariages abusifs ou qui en parlent publiquement sont ostracisées dans leurs communautés.

En plus de se retrouver utilisées et abusées, ces femmes sont aussi abandonnées. Dans certains cas, les femmes sont divorcées pour la seule raison que leurs oppresseurs en ont assez d’elles ou parce qu’ils sont intéressés par une autre proie. D’autres se retrouvent enceintes et sont divorcées, sans pension alimentaire et sans reconnaissance de l’enfant par le père.

Perte de foi

Comme pour chaque abus, il y a des marques profondes chez les victimes, les femmes mais aussi leurs enfants. Une des conséquences les plus terribles chez ces victimes est qu’à travers tous ces cercles vicieux, la femme ou l’enfant associeront l’Islam aux abus qu’ils ont connu. Ce qui a pour résultat qu’elles perdent de la ferveur à pratiquer l’Islam, ou même apostasient en gardant une image entièrement négative de l’islam.

Moins drastique mais tout aussi douloureux, ces femmes se sentent utilisées et rejetées, par le fait que leurs droits islamiques ont été violés et qu’elles n’ont aucun recours. Certaines deviennent complètement épouvantées à l’idée d’un remariage et voient tous les hommes musulmans comme des prédateurs et des oppresseurs.

Comment éviter le piège

Avoir un walî est le droit d’une musulmane, c’est un gardien qui retient le meilleur intérêt pour elle. Ainsi faites en sorte que votre walî soit quelqu’un qui se soucie réellement de vous et que vous pouviez placer votre confiance en lui.

Posez des questions ! Ne tombez pas dans le mariage aveuglément. Soyez conscientes du type de la personne que vous considérez. Enquêtez, demandez au wali de questionner les personnes, et ne faites confiance à personne par naïveté.

N’abandonnez pas la mahr (dote). Encore une fois, c’est le droit de la musulmane que personne ne peut lui enlever. Soyez raisonnable, mais ne soyez pas intimidée à ne demander qu’une mahr symbolique, à moins que vous en soyez absolument sûre.

Rester patient n’équivaut pas à de la souffrance gratuite. Restez vigilante à bien faire la distinction entre la difficulté de couple et l’oppression par quelqu’un qui refuse vos droits islamiques. Si votre mari vous abuse mentalement, émotionnellement ou physiquement, ne le tolérez pas. Cherchez l’aide de l’imam ou de sœurs qui trouveront le moyen adéquat pour vous aider.

Il est plus que temps pour la communauté musulmane de reconnaître que des prédateurs se cachent parmi nous et que l’on doit défendre l’intérêt de nos sœurs. Le Prophète ﷺ a dit « Aidez votre frère qu’il soit l’oppresseur ou l’oppressé », et il ﷺ  d’expliquer qu’aider l’oppresseur s’effectue en arrêtant son oppression.

Qu’Allah nous permette d’observer la Justice et nous donne le courage de combattre le mal où qu’il se trouve.

 

Traduit de Exposing the Marriage Bandits, par Zainab bint Younus, http://thesalafifeminist.blogspot.fr/2012/10/marriage-bandits.html, consulté le 02/07/2014

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